Vialas Le Bocard

 

Cévennes, Gévaudan, Margeride ces mots évoquent des terres austères où le climat excessif a sculpté des paysages riches en sites somptueux, mais aussi pauvres économiquement. Pourtant, si le sol n’est pas favorable à des cultures extensives, il n’y a pas si longtemps, le sous-sol a fourni, quant à lui, de grandes quantités de matières premières bien rentables.
Aujourd’hui, nous allons visiter les ruines spectaculaires de l‘usine de traitement de minerai de Vialas. Dans cette aire géographique aussi peu urbanisée, la rencontre de ces vestiges est saisissante.
A la fin du XVIIIe siècle des filons de plomb argentifère sont découverts sur la commune.
Le minerai est d’abord traité à Villefort, mais suite à la richesse du gisement, en 1927, il fût décidé de transférer l’usine à Vialas sur les lieux de l’extraction.
La configuration accidentée du relief n’est pas propice à l’implantation d’un site industriel, qu’importe ! Il suffit de construite une voûte au dessus d’un petit affluent du Luech. Cette voûte longue de 100 mètres supportera une plate-forme où seront implantées les infrastructures de l’usine et ses nombreuses dépendances.

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Deux kilomètres en amont du site, l’eau du Luech est en partie canalisée jusqu’à l’usine pour servir de force motrice aux différents pilons chargés de broyer le minerai (Bocard).



 

Une des rares vues d’époque de l’usine donne bien une idée de l’importance du site.

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L’ouvrage a subi les outrages du temps depuis sa fermeture en 1894, les sites industriels n’étant pas bâtis pour durer. La récupérations de matériaux ( pierres tuiles) a accéléré la dégradation du site, mais les pans de mur restants sont de toute beauté démontrant l’audace des architectes et l’habileté des maçons cévenols pour qui l’art de la voûte n’a plus de secret depuis longtemps.

 

Avec le temps, l’environnement champêtre confère au site une ambiance très particulière, bien éloignée du vacarme et de la poussière qui devaient régner quand il était sous l’emprise du dieu Vulcain.

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Les mines consommaient beaucoup de bois pour le soutènement aussi des flancs entiers de montagne ont été boisés pour subvenir à ces besoins. Les descendants de ces plantations envahissent les lieux et maintenant, paradoxalement, contribuent à leur effondrement. Il devient difficile de reconnaître l’usage des différents bâtiments démantelés.

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Le bâtiment principal abritait la fonderie. La toiture en tuile a complètement disparu, seuls subsistent les murs extérieurs sur lesquels on peut deviner encore quelques voussoirs.

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Le traitement du minerai exige de nombreuses phases de traitements mécaniques et chimiques pour récupérer le métal convoité. Pour donner une idée, il fallait arracher 80 tonnes de minerai à la montagne pour obtenir 300 grammes d’argent ! Malgré le faible rendement, Vialas fournissait un quart de la production nationale. La production de plomb était accessoire.
Le tri manuel à la sortie des mines, le concassage à l’aide de bocards (qui a donné son nom à l’usine) suivis du criblage sont effectués en amont de la fonderie pour obtenir les schlichs. (Papy Mougeot nous explique que ce schmilblic est le résultat du minerai réduit en poudre, puis lavé).
A partir de cette poudre, il faut ensuite séparer les différents éléments qui la composent : soufre, plomb, argent, roche encaissante. Ces différentes étapes chimiques vont s’effectuer au travers de la cuisson.
Nous sommes ici devant les magasins des combustibles:

schlichsLà aussi, plusieurs opérations sont nécessaires, au combien complexes et enrichissantes question vocabulaire comme nous allons le constater.
Le processus (très simplifié) commence par le grillage qui sépare le soufre du plomb.
Une fouille récente a mis à jour des foyers des fours de grillage.

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Le minerai est ensuite passé dans un four à charbon afin de « libérer » le métal. A la fin de cette opération on obtient du plomb qui contient de l’argent séparé des scories.
On peut encore trouver des traces de laitier. (Roche non métallique devenue liquide par la cuisson.)

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Il faut maintenant séparer l’argent du plomb.
Cette opération s’effectue grâce à la coupellation.
La matière à traiter est placée dans une sole concave, sorte de grand creuset. Au fur et à mesure de la chauffe, le plomb aigre est écrémé en surface sous forme d’écume. Plus tard, les scories (abzugs) sont retirées à la surface du four à l’aide d’un racloir. Les abstrichts (impuretés) montent à la surface du bain et sont retirées de la même façon. Plusieurs heures de chauffe sont encore nécessaires pour que le plomb marchand (Litharges) surnage tandis que l’argent, plus dense, se concentre sous forme de galette au fond de la coupelle.
Je suppose que cette opération s’effectuait à cet endroit.

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On ne peut s’empêcher de penser aux inhalations délétères que respirait ces « Nicolas Flamel » qui transformaient le plomb, non pas en or, mais en argent, ce qui est déjà pas mal!.

 

Une des caractéristiques spectaculaires du site est la cheminée rampante qui domine l’usine. Longue d’une centaine de mètres, elle s’appuie sur le flanc escarpé du vallon. Assurant un fort tirage aux nombreux fours, elle éloignait le plus loin possibles les vapeurs nocives.
Elle avait une autre fonction. Elle possédait des chambres de condensation où étaient récupérées les fines particules d’argent en suspension dans les fumées. Pas question que l’argent parte en fumée !

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Passons maintenant sous l’usine pour admirer la voûte qui enjambe la rivière. Elle constitue l’aspect le plus spectaculaire des vestiges de l’usine. Le parcours souterrain révèle l’audace de et l’ampleur de l’édifice.

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L’activité de l’usine était tributaire du niveau d’eau qui, on le sait, est très fluctuant dans les Cévennes. Pour pallier cet inconvénient, une machine à vapeur a été installée plus tard. La hauteur de la voûte a été concue de manière à contenir les éventuelles crues.

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En parcourant le lit de la rivière, j’ai eu la surprise de tomber sur un vestige très intéressant.

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Ce bout de ferraille à l’apparence anodine est en fait un bout de rail Brunel ou Barlow issu vraisemblablement des aciéries de Decazeville ou Aubin.
Le barlow permettait de se passer de traverses en bois.

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Séduit par cette innovation britannique, Cabrol à Decazeville installe un train de laminage pour une production à grande échelle. Las pour les actionnaires, les inconvénients (résistance à la flexion, qualité du fer, difficulté de fabrication) ont pris le pas sur les avantages et ce type de voies ferrées a été rapidement abandonné. Pendant un temps le stock de rails sera reconverti pour un usage de poutrelles comme on peut le constater dans les ruines de l’usine de Vialas.

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Les exemplaires encore visibles de ce type de rails sont devenus très rares et méritaient bien cette petite digression.

Longtemps menacé de ruine totale, le site est maintenant pris en charge par la Mairie de Vialas, le Parc National des Cévennes et l’association Le Filon des Anciens qui souhaitent le mettre en valeur tout en le sécurisant. Ce type d’initiative est suffisamment rare pour être signalé.

 

Pour aller plus loin:
Association Le filon des anciens Site très complet sur l’usine du Bocard.hand-cursor
Des archives très interressantes rassemblées par Mr Jean Marie Gazagne et publiés par Vialas en Cévennes.hand-cursor
La saga du rail Barlow.hand-cursor

 

L’église de Ménil-Gondouin

 

Je vous ai déjà proposé des visites virtuelles d’édifices religieux. J’avoue être assez sensible à la sobriété pour ne pas dire à l’austérité du style roman qui parfois recèle de petites facéties sculptées .
Mais aujourd’hui, nous allons changer complètement de registre avec l’église de Menil-Gondouin, minuscule commune de l’Orne. Je l’ai dénichée par hasard en cherchant autre chose, comme quoi les voies du Seigneur…
Il faut avouer qu’en empruntant une petite route, on ne s’attend pas à passer devant une telle façade !

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Ça pique un peu les yeux ! Nous ne sommes pas loin de ce que l’on pourrait qualifier d’art brut sur un support peu courant, pour ne pas dire unique! L’ensemble est pour le moins original dans cet environnement rural et nous change des représentations de style pompier si fréquentes fin XIXé siècle.
Édifiée en 1870, l’église voit débarquer trois ans plus tard le curé Victor Paysant.
Féru d’archéologie et homme de culture au caractère bien trempé, il est impressionné par l’invention des frères Lumière. Il entreprend alors de décorer son édifice pour en faire, suivant ses dires une « Eglise vivante et parlante ».
Et des mots, il y en a ! Textes en latin et français recouvrent la façade dans un joyeux imbroglio coloré.
Les motivations qui ont guidé Victor Paysant sont difficiles à définir. Les compositions s’apparentent un style naïf or, le curé avait une réputation que l’on qualifierait maintenant d’intellectuel. On pourrait penser également que ce style « BD » serait une volonté de vulgariser les messages pastoraux afin de les rendre plus accessibles, mais cette propagande écrite devait rester indéchiffrable pour la grande majorité des fidèles qui fréquentait son église.
Sans doute inquiet que le curé tagueur ait souillé la bible, le diocèse fit effacer toutes les fresques à la mort ce dernier en 1921. Heureusement, 90 ans plus tard, cette manifestation pas très orthodoxe de la Foi ressuscita grâce à l’initiative de la municipalité. En 2006, la réhabilitation de ce patrimoine unique était achevée.
Une carte postale d’époque montre que la restitution effectuée par les établissements Sineux et frères est très fidèle.

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Cette abondance de messages est bien pratique puisque je n’ai pas besoin de légender les photos, les murs parlent d’eux-mêmes !

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Ma foi, quel lion ! Il nous indique qu’il faut s’adresser au café pour visiter l’intérieur.

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La nef lumineuse a de quoi dérouter avec sa profusion de décorations au couleurs vives et aux nombreux messages pastoraux soigneusement calligraphiés. On peut admirer de jolis poteaux peints.

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Un panneau pour sortir moderne a même été intégré dans la composition.

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Le transept et le sol n’échappent pas à l’exubérance décorative.

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Du haut de sa chaire, l’éthique du prêcheur devait avoir une indéniable prestance.

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Cependant, loin de moi l’idée de choquer, mais je ne peux m’empêcher de penser que le confessionnal a davantage allure de guérite de marionnettiste.

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Nous sommes parfois plus proche d’Hergé que de Michel-Ange,

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mais ce sont bien les messages de l’Evangile qui ornent les murs.

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Il faut rester un sacré bout de temps si on veut lire toutes ces enluminures murales et, croyant ou pas, la visite de cette église est pour le moins déconcertante.

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Plongé dans la lecture de toute ces calligraphies, j’allais oublier: Où peut-on contempler ces faces aux jolies fresques ?
Il faut vous rendre dans le Pays d’Houlme, vingt kilomètres à l’Ouest d’Argentan dans l’Orne.



Pour approfondir, vous pouvez consulter cet article très intéressante hand-cursor

La colonie agricole et pénitentiaire du Luc. (Cellules)

 

Je vous ai déjà décrit mes observations concernant la colonie agricole du Luc au cours de ces trois articles:
la genèse,
les bâtiments,
la fromagerie.

 
A la suite d’une nouvelle visite , il m’a semblé intéressant de revenir sur quelques témoignages laissés par les colons au cours des séjours qu’ils effectuaient en cellules.
Le but n’est pas ici de surfer sur une corde sensible, bien qu’il soit difficile de déchiffrer ces graffitis sans éprouver un sentiment de compassion ou de révolte, mais il faut tenter de se replacer dans le contexte de l’époque où la notion d’enfant roi n’était pas franchement d’actualité.
Quittant la civilisation en sortant de la gare d’Alzon, les gamins ou adolescents qui se rendaient à la colonie devaient se demander sur quelle planète leurs existences allaient dorénavant se dérouler. Issus pour la plupart de villes, la découverte de cet univers minéral et silencieux devait vêtir leur moral d’un paletot bien lourd à porter.

Déjà privé de liberté jusqu’à sa majorité, pour le colon récalcitrant, la double peine sous la forme d’ un séjour en cellule était fréquente.

Au Luc, les 5 cellules sont les seules parties des bâtiments restées en l’état et je remercie le propriétaire qui m’a ouvert l’huis, me permettant ainsi d’écouter parler les murs.

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En haut et en bas de la porte, serrure doublée d’une targette, judas fermé par une trappe métallique, les moyens de fermeture sont bien afférents à ceux d’une porte de cellule. Ces mesures carcérales semblent bien excessives quand on sait que toute évasion relevait de l’utopie tant l’environnement était désertique. Pourtant, plus d’un ont tenté de se faire la belle.

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Le passe-plat, au ras du sol n’échappe pas à la règle. C’est pourtant par cet orifice que le dénommé Bottari aurait réussi à forcer la serrure du bas et par le judas celle du haut. Cette version, relatée par les chaussettes à clous, parait peu probable, une complicité extérieure me semble plus plausible.

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Le décor est vite planté. Quatre murs, une porte et un soupirail muni de barreaux. Pas de moyen de chauffage.

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Du sol au plafond, les murs sont recouverts de graffitis. On est fortement interpellé par tous ces noms tantôt soigneusement calligraphiés tantôt furtivement ou maladroitement tracés. En essayant de les déchiffrer, on ne peut s’empêcher de les personnaliser en y greffant par imagination une évocation de ce que pouvait être le caractère de leurs auteurs. Hargneux Pieroti dont le patronyme est profondément gravé en plusieurs endroits ? Rêveur Druais avec son penchant manifeste pour le dessin? Fataliste Chouvin et son poème pessimiste? Insoumis Rustoll? Amoureux Giraud? Je suis certainement à côté de la plaque, mais qu’importe, ces témoignages d’enfants méritent bien qu’on s’y attarde.

C’est sur la peinture écaillée des portes que l’on peut relever les inscriptions les plus anciennes. Parmi la profusion d’inscriptions, on peut distinguer ici un Albert Villeneuve né(e) à Oran en 1892.

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Au fil du temps, les murs ont été enduits plusieurs fois aussi les gravures que l’on peut distinguer aujourd’hui appartiennent à la dernière période alors que le Luc était passé sous la tutelle de l’Assistance Publique (1904-1929).

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Le temps efface petit à petit les traces. Les mentions du lieu et date de naissance sont pratiquement systématiquement mentionnées. Ce sont bien souvent les seuls éléments connus de ces enfants concernant leurs origines et l’on comprends qu’ils s’y accrochent. On constate des provenances géographiques très variées. On peut noter que plusieurs graffitis indiquent des colons originaires d’Algérie (Constantine, Oran, Orléansville). Sans doute une des conséquences de l’immigration encouragée suite à la révolution de 1848. Le manque de préparation et les maladies ont causé beaucoup de décès.
Ici, on devine La Roche sur Yon.

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Armel Charteau 21 Octobre 1896 à Nantes souhaite le bonjour à tous.

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A quelles amours s’adressent ces cœurs ? Parmi tous les entrelacs je n’ai pas discerné de prénoms féminins. Je n’ai pas non plus remarqué de graffitis à sous-entendu graveleux.

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Pour tromper l’ennui, certains esquissent un autoportrait à moins que ce soit le visage d’un camarade comme l’atteste la présence d’un béret qui faisait partie de l’uniforme du colon.
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Est-ce le même colon qui rentre poule et poussins à l’abri du renard?

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Ici la seule représentation féminine que j’ai vue. Le texte accompagnant cette élégante au sourire en coin est à jamais perdu.

Colonie agricole du Luc (7)Ce profil est peut-être dû au même artiste.

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Là, nous avons droit à un marin déclarant: Je suis un fayot de la marine ! Une moquerie envers un gardien ancien militaire ? Encore une supposition!
En dessous, un carré magique formé des chiffres de 1 à 9 et dont chaque ligne est un total de 15. Les degrés d’instructions que l’on peut déduire grâce aux graffitis sont pour le moins hétérogènes.

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Le bis mentionné à la dernière ligne fait penser à un chant dont les paroles sont perdues. On ne saura pas ce qu’il fallait garder dans notre coeur…

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JE SORTIRAI QUAN DIEU LE VOUDRA VOICI 19 JOUR QUE JE SUI EN CELULE
Est-ce Permann(?) Jean-Marcel qui a tenté ces calculs ? Voila 432 heures que je suis en cellule. 224490 minutes et 1393 secondes.
Il compte les jours, les heures jusqu’aux secondes, mais fataliste, il ajoute plusieurs fois : MES ENFIN JE NE MAN FE PA

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Sur ce panneau, on peut voir en plusieurs endroits, 5 points assemblés comme sur une face de dé. Dans les prisons, ce signe symbolise l’enfermement entre quatre murs.
Figure également la date de 1927. Bien que devenue Ecole professionnelle en 1904, il apparaît clairement que les méthodes héritées de la période pénitentiaire ont perduré jusqu’à la fermeture en 1929.

 

La notion de classe militaire est très présente dans les graffitis. Pour beaucoup, l’engagement dans l’armée était la solution choisie à leur sortie du Luc. Arrivé à l’age de 13 ans, Rastoll entame sa dernière année au Luc en cellule.

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Dans une autre cellule, Rastoll nous indique son 2eme prénom: Manuel

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Louis Raymond Chouvin a gravé son nom en plusieurs endroits. Manifestement, il a effectué plusieurs séjours en cellule.
Peut-être par esprit bravache, il nous a laissé un poème. En est-t-il l’auteur ? Peu importe,clic! le texte fait froid dans le dos tant il décrit l’avenir qui était réservé à nombre de ces colons qui se sont retrouvés déphasés à leur libération.
La Loire m’a vu naître
L’Assistance m’a vu paraître
La colonie de Mettray dans la torture
La colonie du Luc dans l’esclavage
Les prisons me verront rentrer
Le bagne me verra souffrir
Et Cayenne sera mon tombeau
Et debler* me fera passer le cou par la lunette
L’échafaud me verra mourir.

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A 18 ans, en traçant ces lignes, ce Chouvin était d’une lucidité effrayante et ne se faisait guère d’illusions quant à son avenir lointain. Néanmoins, ce Chouvin de Saint-Etienne pense à se mettre au vert:A moi la Loire et ses filles charmantes dans six mois au jus.

 

Sur ce chevron réutilisé pour une modification de la toiture, on peut déchiffrer : Elena est rentré à la Colonie de Beaurecueil le 10 mars 1873 et au Luc le 24 ?
C’est la plus ancienne inscription que j’ai pu relever.

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Ce message se passe de commentaire !

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MES CHERS AMIS
PRENEZ TOUS LA FUITE
NE RESTEZ PAS AU LUC
Pierotin, Coste, Mustapha, Giraud, Mollier, Toselli, nombreux sont les patronymes que l’on peut déchiffrer avec un éclairage rasant dans les différentes cellules. Au cours de différents séjours, ces jeunes rebelles aux origines très variées ont laissé leurs noms, sinon pour perpète, du moins tant que dureront les murs.

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Refermons doucement la porte sur les fantômes des colons du Luc.

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Carreau de mine

 

Heureux amateurs d’endroits inhabituels, je vous ai déniché un site minier assez incroyable.
Les traces de l’activité minière ont été la plupart du temps rasées sans scrupule. Comme témoignages de cette époque florissante, ne subsistent que quelques sites transformés en musées bien rangés peinant à rendre l’ambiance des conditions de travail.
Aujourd’hui, nous allons parcourir une installation qui donne l’impression que l’activité a cessé hier. Le temps semble s’être arrêté par un coup de baguette magique ou plutôt de gourdin tant les conséquences économiques de l’arrêt des exploitations furent catastrophiques dans les régions minières.
Tout est en place, même la poussière authentique est partout bien présente. Bien sûr, le puits est sécurisé par une dalle de béton, mais les installations de surface sont restées telles quelles et  on ne serait pas surpris de croiser Lantier au détour d’un bâtiment.
Pour des raisons évidentes de préservation, je n’indiquerai pas le lieu, car à chaque visite, j’ai constaté que des choses disparaissaient. Ainsi la charmante secrétaire des lubrifiants Cofram dessinée par Aslan ne répond plus au téléphone. Heureusement, l’endroit est maintenant sous surveillance vidéo.

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Pour les termes techniques, vous pouvez consulter le glossaire.

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Le chevalement est encore dressé, ce qui déjà est rare mais, de plus, les molettes sont au sommet d’une structure en bois qui, dorénavant, doit être unique en France. (La présence de ces mi-molettes n’indique pas forcément une situation nordique.)

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Au pied du chevalement, sur le carreau, nous trouvons les deux cages desservies par un platelage.

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Les cages sont exiguës, adaptées à la taille des berlines et il est difficile d’imaginer qu’un âne pouvait y prendre place.

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Il était chargé de tirer les berlines dans les travers-bancs comme le montre cette photo rare récupérée par Mr Grimal.

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Contrairement à ce qui est souvent rapporté, tous les samedis, les deux équidés remontaient au jour pour profiter de l’herbe tendre. L’opération devaient être délicate ressemblant à cela mais, les témoignages des mineurs sont unanimes quant aux bons traitements prodigués envers ce compagnon de travail.

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Pénétrons maintenant dans le poste de commandes des treuils. Au premier plan, les deux manettes de frein. Sur la gauche, l’indicateur de niveau matérialise la position des cages à l’intérieur du puits.

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Les câbles sont encore tout luisants de graisse. On notera la civière métallique accrochée au mur du fond.

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Le généphone antidéflagrant qui permet de communiquer en toute sécurité.

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Devant le poste de commande des treuils, une petite voie ferrée de 0.50 m. dessert les différentes trémies.

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Système de retournement des berlines ( basculeur ) pour déverser le minerai dans les trémies.

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Le même vu de dessous.

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Un cheminement par norias à godets fait passer le minerai par différents concasseurs pour le calibrage.

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Nous continuons la visite par un détour par le poste de charge des lampes. ( Disparues à ma dernière visite ). Ces barrettes en cuir bouilli ne devaient plus être employées depuis longtemps.

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Dehors, nous pouvons voir un bras de haveuse maintenant inutile et sans doute un peu amère.
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Les dents de l’amère.
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Pour me faire pardonner ce calembour désastreux, voici une petite vidéo illustrant l’emploi d’une bête semblable un peu plus grosse…

 



 

 

A sa gauche, un vestige fort intéressant: une pelle EIMCO. Apparue en Europe après la seconde guerre mondiale, c’est une des premières mécanisations de chargement des berlines.

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Ce fut un grand progrès tant en gain de productivité qu’en pénibilité du travail.

 

Extrait de British Pathé

 

Un peu plus loin, sont stockés des rallonges de fleurets ainsi qu’une pince à purger au milieu d’un fatras de poulies, chaînes et engrenages.

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Nous finissons la visite de tous ces incroyables vestiges où le temps semble figé par le cimetière de berlines où lézards et vipères trouvent moult abris parmi ces rebuts. Souhaitons que la léthargie de ces poubelles au Bois Dormant perdure encore longtemps.

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Lait de loup

 

Promenons nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas.
Absent Maître Ysengrin ? Pas sûr ! Parmi les branches mortes qui jonchent les sols humides, on peut remarquer des rameaux colonisés par des petites boules étranges à la couleur vive.

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Bergère, ne prend pas la peine de rentrer tes moutons. L’imagination populaire a baptisé ces curieuses manifestations de lait de loup. L’analogie peut paraître bien étrange, risquons une interprétation expliquant que la forme sphérique évoquerait des gouttes de lait tandis que le caractère carnassier du loup serait associé à la couleur rouge? Un peu tarabiscoté, je le concède bien volontiers.
Quoi qu’il en soit, l’esthétique de ces « gouttelettes » ne peut qu’ éveiller la curiosité et nous allons voir que son étrangeté ne se limite pas à son aspect.

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Renseignements pris, ce petit « champignon » possède des caractéristiques bien particulières.
Premièrement, ce n’est pas un champignon puisqu’il ne possède pas de mycélium et la chose a été confirmée par l’étude de son ADN.
Est-ce un végétal ? Pas de chlorophylle ni racine donc, on va dire non.
Cet organisme est capable de se déplacer et même de contourner des obstacles pour se nourrir. (Débris végétaux, champignons, bactéries ). Animal donc ? Non plus, car la chose est unicellulaire.
Mi-animal, mi-végétal, ces petites gouttes de lait de loup sont finalement classées dans le règne des protozoaires dans la classe des Myxomycètes.
Dixit l’encyclopédie participative : Leur nom est formé de « myxo » qui signifie gélatineux, gluant, et de « mycète » dont la racine myc- signifie champignon, car les Myxomycètes sont traditionnellement étudiés par les mycologues, bien qu’il s’agisse en fait d’« amibes collectives »
Gros plan sur le Lycogala epidendrum.

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Il arrive que l’enveloppe laisse échapper une matière visqueuse (Plasmode).

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En vieillissant, il noircit et sa chair devient pulvérulente.

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J’ai rencontré une autre forme, assez étrange elle aussi, pourvu qu’on l’observe de près. Peut être un tubifère rouillé ?

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Est-il utile de préciser que ces myxomycètes, bien que non toxiques, ne sont pas comestibles ?

 

Un site spécialisé sur les myxomycètes hand-cursor
Et un autre sur les champignons hand-cursor

 

Licorne

 

Surprise!
Nous sommes bien loin de la forêt de Brocéliande, pourtant les frondaisons humides se sont écartées doucement ce matin pour livrer passage à cette belle licorne.

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Chut ! Profitons du spectacle.

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Je vous vois venir, pourfendeurs d’incertitudes et approximations, vous allez argumenter que le front de cette belle apparition n’est pas dotée de corne, mais de bois!
Laissez moi rêver. Son front n’est paré que d’un seul appendice, donc c’est bien une licorne !

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Le chevreuil perd ses bois à l’automne. Ceux-ci repoussent rapidement et sont débarrassés de leurs velours en Avril- Mai (fraye).
(Remarquons au passage que les animaux porteurs de bois sont qualifiés de cervicornes histoire de mettre un peu de confusion.)
Pourquoi notre licorne ne possède qu’un « bois » ? Anomalie génétique, bagarre? Ce bois dépourvu d’andouiller semblerait indiquer un individu relativement âgé (7/8 ans).

Si je la croise, je demanderai à la fée Morgane.

 

Briqueteries normandes

 

Les grandes cheminées encore debout, par leurs érections, témoignent du passé industriel de nos régions.
Lors d’une errance vers la Normandie, cette imposante tour de briques n’a pas manqué d’attirer ma curiosité. Cet index dressé avait trop un air de « viens voir par ici » pour que j’ignore son signal d’autant que le contexte évoque davantage les activités rurales qu’industrielles. Je n’ai pas regretté le détour puisqu’il m’a permis de découvrir une ancienne carrière de lœss, riche en argile, qui fournissait la matière première pour une briqueterie édifiée sur place.
Quoi de plus banal qu’une brique ? Son usage remonte à l’Antiquité et on sait depuis des lustres que le Grand Méchant Loup s’époumona en vain contre les murs montés par le troisième petit cochon.
Objet anodin donc? Peut être, mais rien n’empêche de s’interroger sur sa fabrication et plus particulièrement sur sa cuisson.
Sur le site que nous allons parcourir, l’activité a débuté en 1911 pour se terminer vers 1950.
Nous commençons la visite avec cette vue aérienne gracieusement proposée par ce blog. Prise à l’aide d’un cerf-volant, elle nous montre l’importance des séchoirs qui pointent vers le four.

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Sur cette vue ancienne on voit parfaitement la proximité de la carrière et de la briqueterie. Les séchoirs sont bien remplis. On remarquera l’empilement alterné des briques permettant la ventilation.

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Les séchoirs sont maintenant reconvertis en remises agricoles.

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Le bâtiment chargé de la cuisson des briques est de taille respectable. Il a été construit sur les bases du principe des fours Hoffmann dits à « feu continu »où la cuisson est effectuée par un foyer de coke qui progresse au long de couloirs.

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Cette construction est constituée de deux longs couloirs voûtés . On y accède de chaque coté par six ouvertures latérales. Celles-ci étaient desservies à l’aide de rails de type Decauville. Bien entendu, pendant la cuisson, ces ouvertures étaient obturées.

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A l’extrémité de la construction, on trouve l’imposante cheminée qui a capté notre attention.

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Le principe de fonctionnement consiste à remplir les couloir de briques placées en quinconce afin que les gaz chauds puissent circuler entre elles. Le foyer, allumé à une extrémité, se déplace dans le couloir.
Le coke est versé par le haut au fur et à mesure de l’avancée du foyer à l’aide de trappes qui percent la voûte. L’empilement des briques à cuire est réalisé de façon à ce que des espaces verticaux soient réservés pour accueillir le coke.

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Au cours de la cuisson, les briques se rétractent ce qui agrandit les interstices entre les briques et favorise le tirage. Des cloisons en papier délimitent des « chambres »permettant de contrôler l’avancement du feu en maîtrisant les courants d’air.

Briquetterie du Nord

Briquetterie du Nord

 

Au ras du sol, des évents récoltaient les fumées dans une conduite souterraine qui rejoint la cheminée. Le tirage par aspiration est assuré par la hauteur de la cheminée grâce à la forte dépression occasionnée par la différence de densité entre l’air chaud (plus léger) et l’atmosphère extérieure.

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Au fur et à mesure de l’avancée du foyer, les portes latérales sont démontées afin de défourner les briques cuites et enfourner celles à cuire.
Voici sommairement la coupe d’un couloir de cuisson.briqueterie-6

 

La température nécessaire à la cuisson est d’environ 1000 degrés. Le temps de cuisson et la température influent sur la couleur finale des briques. Les parois du tunnel portent les traces de « vitrification » dues à la chaleur.

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La cuisson durait en moyenne 12 heures et les deux couloirs étaient approvisionnés et déchargés en alternance au fur et à mesure de l’avance du feu. Ainsi, le cycle était ininterrompu. Subissant la chaleur et dans la pénombre les employés rencontraient des conditions de travail très éprouvantes.
Rien ne se perdait, en effet, les briques défectueuses étaient réduites en poudre utilisée notamment pour la terre battue des terrains de tennis.
Pour construire cet édifice, il a fallu un bon nombre de briques et on peut voir à l’entrée de la propriété les vestiges de l’installation où celles-ci ont été façonnées.

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J’ai eu la chance de visiter ces lieux guidé très gentiment par le fils de la propriétaire. Ce fut un réel plaisir d’écouter ses explications en parcourant ces beaux vestiges du patrimoine industriel du début du siècle dernier. C’est pour ménager sa tranquillité que je n’indique pas l’emplacement.

 

Dans la proche périphérie d’Argentan, une autre cheminée émerge d’une friche bien défendue par un roncier redoutable. Les deux lettres qui décorent le conduit correspondent à Leduc et Aubry, créateurs de l’entreprise en 1913.

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Ici aussi, nous retrouvons le principe du four Hoffmann à feu continu avec son four en tunnel accessible par les ouvertures latérales et les collecteurs de fumées au ras du sol.

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La voûte, en partie effondrée, nous permet d’accéder au collecteur des fumées au niveau inférieur de la cheminée.

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Vu de l’intérieur, on peut découvrir un petit bout de ciel bleu.

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J’ignore l’usage de cette « gamelle »métallique, peut être servait-elle à obturer un des accès d’admission du coke au travers de la voute.

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A proximité du four, on trouve les ruines de bâtiments n’offrant guère d’intérêts esthétiques excepté pour les amateurs de tags. L’état général des lieux n’incite guère à faire preuve d’optimisme quant à sa pérennité.

 

A la fin de mon article sur les cigognes., je vous avais parlé d’un drôle de bâtiment dont la silhouette évoque les chörtens tibétains. Eh bien oui, il s’agit également d’un ancien four à briques.
La production s’est déroulée de 1850 à 1875 au lieu dit Le Porribet. La proximité de la Vire offrait une intéressante possibilité d’écoulement de la production par halage.
Ici la cuisson est verticale. On remarque que la construction possède cinq jambes de force destinées à renforcer la voûte intérieure du four, partie fragile de l’édifice.

Le porribet

 

Les briques sont empilées à l’intérieur du four circulaire en ménageant des petits interstices pour le passage des fumées et de la chaleur. La méthode d’empilage est assez complexe puisqu’en prolongement des gueules d’ alandiersAlandier, il faut ménager des chambres de chauffe pour l’alimentation des foyers. (Charbon de Littry)
Pour cela, des briques sont disposées en encorbellement de façon à former des sortes de couloirs au dessus desquels les briques sont empilées à l’intérieur du four circulaire en ménageant des petits interstices pour le passage des fumées et de la chaleur

Alandier

Vue de la porte d’accès et de la gueule de deux alandiers débouchant dans le four. On distingue la barre en fer chargée de soutenir la grille du foyer.

Porte-Alandiers

L’enfournage doit donc être effectué avec beaucoup de soin sachant qu’ il faut prendre en compte de la diminution du volume des briques au cours du séchage.

 

La voûte du four est percée de petites ouvertures qui collectent la fumée (carnaux) vers la cheminée chargée d’augmenter le tirage.

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Un deuxième four, de section carrée cette fois, se trouve à coté. Si le principe reste le même, il n’est pas pourvu de cheminée et la structure en brique est doublée de parements en schistes qui devaient assurer une meilleure isolation thermique.

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Nous allons conclure avec un autre type de four. La Chauffetière est une briqueterie exceptionnelle dont l’implantation remonte à 1760 ! Depuis 1890, elle est exploitée par la famille Fontaine qui perpétue toujours la tradition. Façonnées à la main, les briques encore produites sont utilisées pour la restauration de monuments.

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Le foyer est ici placé sous le four et séparé de celui-ci par une sole Joli casque ! formée d’une succession d’arches formant une plateforme sur laquelle sont empilées les briques crues. Ces arches, situées derrière le foyer, forment deux couloirs de chauffe.
Montées à l’aplomb des arches, les briques ménagent des canaux verticaux qui assurent le tirage de la chaleur et les gaz.

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Le four contient 10 000 briques et nécessite une semaine de travail pour le remplissage. Comme dans tous les types de four , les briques sont légèrement espacées entre-elles afin qu’elles ne se collent entre elles. Une fine couche terre poudreuse isole chaque lit de briques.
Ce type de four n’a pas de cheminée ni de voûte sommitale. C’est le dernier lit de brique qui remplit cet office.Four

La cuisson comprend trois cycles: deux jours à petit feu, trois jours à grand feu. Ensuite, le foyer éteint, la porte de celui-ci est obturée par un tampon d’argile et le four recouvert de terre afin que la cuisson se déroule à l’étouffée jusqu’au refroidissement. (8 jours).

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Nous voici au terme des différents fours de cuisson que j’ai pu observer, les deux premiers étant le fruit du hasard. Si ces observations comportent des erreurs, n’hésitez pas à en faire part, rectifications et précisions seront les bienvenues.

 

L’arrivée du printemps

 

Pour le plaisir des yeux, je vous présente quelques photos qui annoncent le retour du soleil.

Revenons au Château de la Rivière où les eaux se sont retirées des bocages. La migration estivale a garni les murailles de locataires bruyants où la moindre éminence est occupée par de nouveaux guetteurs. Le spectacle son et lumière offert gracieusement par ces cigognes blanches est assez impressionnant.


Wikipédia

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Tout ce joli monde est employé à la confection du nid qui au fil des ans peut atteindre 1.50m. de diamètre et un poids de 60 à 200 kgs !

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L’attitude du spécimen au second plan peut être interprété comme un salut ou comme une menace.

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Pour faire savant, on peut placer dans la conversation que contrairement à beaucoup de volatiles, Monsieur Cigogne possède un pénis vestigial..
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Si la cigogne hiverne, ce n’est pas le cas du lézard vert qui lui hiberne.
J’ai eu la chance d’observer ce joli mâle profitant des premières chaleurs pour sortir de sa léthargie.

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Allez, on termine ce petit bestiaire printanier avec ce joli passereau qui passait par là. L’est-y pas mimi ce pinson comme dirait Alfred ?.

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Champagne

 

Le printemps est là et l’envie de coincer la bulle plus forte que jamais. Nous allons voir que ce n’est pas toujours simple. Si le champagne est synonyme de jouissance, les préliminaires ne sont pas une partie de plaisir !

 

Généralités:
La spécificité du vin de Champagne est due au fait que les vignes poussent sur des bancs de craie. Cette roche alluvionnaire est fragmentée ce qui favorise l’absorption de l’eau l’hiver. Sa porosité fait que l’eau de la nappe phréatique remonte par capillarité pendant les périodes sèches. En outre (à vin), elle est d’une cohérence faible, caractéristique qui facilite grandement le creusement de caves.
Si sept cépages sont utilisés pour l’AOC Champagne, le Pinot noir, le Chardonnay et le Pinot Meunier représentent à eux trois 99 % de l’encépagement répartis en parts à peu près égales.
Élaboré dès le Moyen-Age, le vin de Champagne est d’abord consommé non pétillant, sa mise en bouteille étant effectuée après la prise d’alcool.
A partir du XVIIe, il est exporté en tonneaux. L’Angleterre vient de mettre au point des bouteilles résistantes à la pression. A l’intérieur de celles-ci, la fermentation naturelle continue et provoque une effervescence très prisée des Anglais. Ils ajoutent du sucre de canne issu de leurs colonies ce qui amplifie la prise de mousse. Et oui, on peut dire que c’est grâce aux Anglais que la mode champenoise est née.
Au XVIIIe, le vin pétillant acquiert une renommée mondiale malgré les difficultés inhérentes à la maîtrise de l’effervescence. (De nombreuses bouteilles explosaient.) En 1821, la légende de Dom Pérignon fut créée afin de ramener sur les terres champenoise l’origine du champagne. Il semblerait que ce dernier était davantage à l’origine des assemblages des crus plutôt qu’inventeur de l’effervescence du vin champenois. Grace à ses travaux, le vin de Chaampagne acquière une qualité qui assoit sa réputation.

 

1861, patatras ! Venu des Etats-Unis, un puceron s’attaque goulûment aux racines de nos cépages. Le phylloxéra détruit rapidement les vignes malgré les tentatives de traitement. L’injection le sulfure de carbone au pied des ceps à l’aide de pal d’injection s’avère totalement inefficace.

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Le mildiou fait également partie du paquet cadeau. Il est combattu avec plus de succès grâce à la pulvérisation de sulfate de cuivre à l’aide de… sulfateuses.

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Le sauvetage viendra de l’usage des greffes. En effet, les racines des vignes américaines cicatrisent rapidement et la plante survit à l’agression du phylloxera. Les vignes champenoises seraient donc américaines ? Pas de panique ! Si le porte-greffe est bien d’origine outre-Atlantique, le greffon qui produira les grappes est bien de cheu nous ! Les bourgeons produits par le porte greffe sont systématiquement éliminés !

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A l’aide de l’impressionnante collection rassemblée au fil des ans par Monsieur Caillet à Faverolles et Coëmy, nous allons passer en revue les étapes de l’élaboration du précieux breuvage au cours du début du XIXe siècle.

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Le ramassage est toujours entièrement et obligatoirement manuel, seules les grappes arrivées à maturité sont récoltées. La forme des hottes varie en fonction des époques. Chaque porteur transporte entre 3 et 4 tonnes de raisin par jour.

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Les grappes sont ensuite pressées rapidement afin d’éviter que les peaux macèrent dans le jus ce qui colorerait ce dernier. Cette opération s’effectue en deux fois : 1ere pression = cuvée, 2eme pression après brassage du marc = taille.
Les jus récoltés sont stockés séparément. Leurs propriétés différentes interviendront dans l’assemblage.
Actuellement, 4000 kgs de raisins doivent produire 2552 litres de jus et pas un de plus, on ne rigole pas avec ça, AOC oblige.

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Le moût est ensuite mis en cuve (belon) où se produira la première fermentation qui transformera le sucre en alcool.
Afin de clarifier le jus, on procède au collage qui consiste à introduire des protéines qui en se coagulant vont emprisonner les particules en suspension. La lie se dépose au fond de la cuve par gravitation.

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Après environ un mois, le jus clair est tiré à l’aide d’une pompe pour séparer celui-ci du dépôt situé en fond de cuve. Le vin obtenu non effervescent est qualifié de tranquille.

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L’assemblage.
Voici venir le moment où l’artiste prend le pas sur le chimiste. Nous abordons ici une autre spécificité du vin de Champagne où l’homme fait preuve de créativité et de savoir: l’étape magique de l’assemblage. Effectué par le maître de cave, l’assemblage est la recherche d’une harmonie en mariant les cépages, cuvées et années de récolte. Cela consiste à marier différent vins tranquilles afin d’obtenir un caractère homogène au fil des ans qui caractérisera la marque de l’exploitation. Certaines années exceptionnelles, l’assemblage est effectué uniquement avec la récolte de l’année. Dans ce cas, le champagne est millésimé.(Et cher!)

assemblage_champagnePhoto empruntée sur ce site.

 

Le tirage
Au printemps, le vin est mis en bouteilles. A l’aide d’une doseuse, sont ajoutés 24 grammes de sucres par litre ainsi que des levures. Ces dernières dégraderont le sucre en alcool et dégageront du gaz carbonique responsable des fameuses bulles.
C’est la deuxième fermentation.

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Les bouteilles sont fermées à l’aide d’un bouchon maintenu par une agrafe ou plus tard d’une capsule.
Au cours de cette étape, la pression à l’intérieur des bouteilles monte à six kg au cm 2.

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La prise de mousse
Pendant 15 mois minimum, les bouteilles sont entreposées à une température de 10-12 degrés. Afin que le vin soit au contact du dépôt, les bouteilles sont couchées sur lattes.
Il faut ensuite enlever le dépôt formé par les levures mortes.
Le remuage
Les bouteilles sont disposées inclinées sur des pupitres le goulot dirigé vers le bas. Pendant quatre à cinq semaines, les bouteilles sont journellement pivotées d’un huitième de tour et régulièrement relevées afin d’amener le dépôt contre la capsule. Cette opération est très progressive afin que les particules fines en suspensions puissent s’agglomérer avec le dépôt plus lourd. Le coup de poignet nécessaire demande du savoir faire, la rotation devant s’accompagner d’une légère secousse pour décoller la lie de la paroi de la bouteille. Un bon remueur pouvait manutentionner plus de 70 000 bouteilles par jour. Ils devaient être redoutables au baby foot !

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Le dégorgement
Cette opération consiste à retirer le dépôt qui s’est déposé dans le goulot de la bouteille. L’opération n’est pas simple. La pression à l’intérieur de la bouteille est, je vous le rappelle, de six bar. Il faut déboucher la bouteille, le goulot incliné vers le bas, et la relever rapidement dès que la pression éjecte le dépôt en laissant échapper le moins de vin possible. Le bouchon et le liquide évacués sont réceptionnés dans un récipient appelé guérite souvent bricolé à partir d’un tonnelet.

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L’opération est spectaculaire !


Origine de la vidéo.

 

La perte de volume est compensée par l’ajout d’une liqueur souvent à base de sucre de canne. Suivant le dosage, on obtient un vin considéré de doux (50gr/l) à extra brut (>7gr/l.)

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Il ne reste plus que le bouchage.
Là aussi, ce n’est pas simple. Toutes les étapes nécessaires à l’élaboration du précieux liquide s’effectuent dans des bouteilles de 0,75 litres ou magnum (1.5 l.). Les contenances différentes ne manquent pas, allant du 8eme de litre (maintenant inusité) jusqu’au Melchisedech (30l.), voire plus. Seules les bouteilles de 0.75cl. et magnums vieillissent en cave. Les autres formats sont transvasés à la demande avant la vente.

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Pour résister à la pression, les bouchons étaient ficelés. Nous voyons ici un cheval de bois dont le levier décuplait la force à exercer sur les nœuds.

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Avant la mise en bouteille, le bouchon est cylindrique. La partie destinée à rester à l’extérieure du goulot est composée d’un liège moins compact. La partie insérée dans le goulot est écrasée par la machine à embouteiller ce qui lui donne cette forme particulière de champignon.
Afin de résister à la pression, petit à petit, le fil de fer remplace la ficelle et nous arrivons au muselet torsadé avec sa capsule recherchée par les placomusophiles.

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Appareil à museler un Nabuchodonosor.

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Je ne sais pas pour vous, mais moi cet article commence à me donner soif !
Le champagne se déguste à une température de 8-10 degrés.
Pour la faire prout-prout, sachez que le champagne se verse en tenant la bouteille avec le pouce dans le cul et les autres doigts en dessous.

A ce propos, à l’origine, le cul des bouteilles est creux pour faciliter le travail des souffleurs de verre qui avaient du mal à réaliser des fonds parfaitement plats. Cette concavité, appelée piqûre, possède également l’avantage d’abaisser le centre de gravité de la bouteille et d’assurer ainsi une meilleure stabilité.
Reste la dernière interrogation existentielle, à savoir coupe ou flûte ? La coupe a eu son heure de gloire quand la forme de ce verre a été, nous dit-on, moulée sur le sein de Marie Antoinette. (Si c’est le cas, la reine devait avoir de bien menu). La coupe présente surtout le grand inconvénient d’offrir une grande surface de contact entre l’air et le vin ce qui provoque une rapide déperdition des bulles. Après toute la peine que le vigneron s’est donnée pour les obtenir, c’est un comble. Donc disons flûte au téton de l’étêtée et préférons le verre tulipe qui concentre le bouquet tout en dévoilant la progression des bulles!

Ah oui, ces fameuses petites bulles ! On les doit à la nucléation hétérogène. (C’est le genre de phrase qui vous pose un article !)
Le torchon qu’on utilise pour essuyer le verre dépose de minuscules fibres de cellulose. Citons cet article qui explique le phénomène :
D’où viennent les bulles du champagne ?
Ces fibres sont initialement creuses, et emprisonnent donc une petite poche d’air. Lorsque le champagne entoure la fibre, le gaz carbonique est attiré par la poche d’air et y pénètre en la faisant grossir.
Pour preuve, regardez, dans la bouteille, pas de petites bulles qui montent à la surface.

Il ne nous reste plus qu’à passer aux travaux pratiques en trinquant avec ou sans modération !

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Pour retrouver tous ces beaux objets:
La ferme de Flancourt.

Vidéoothèque virtuelle:
Explications sur les petites bulles:


C’est pas sorcier:


Rocailles sacralisées

 

Depuis les temps les plus reculés les grottes, considérées plus ou moins consciemment comme un symbole utérin, ont été fréquemment associées au mysticisme. Les croyances modernes n’ont pas manqué de perpétuer cette tradition et les exemples ne manquent pas quel que soit le contexte géographique par exemple: l’étable de Bethléem située dans une cavité, la caverne de Hira où Mahomet reçut le premier verset du Coran, les grottes des mille Bouddhas de Bezeklik, etc. En France, les grottes baptisées de noms de saintes sont légion sans parler du millier de fac-similé de la grotte de Lourdes.
Nous ne parlerons pas ici des célèbres grottes préhistoriques ornées, mais beaucoup plus modestement de petits sites contemporains à portée de mes sabots qui, par leurs aménagements, ont un caractère disons, insolite.

La géologie n’est pas toujours propice aux formations de cavité karstique. Qu’importe ! Si la foi soulève des montagnes, elle peut bien créer des cavernes.
Je vous propose de commencer par la rencontre, en plein milieu des bois, d’un édifice ô combien étonnant juché au point culminant d’une grande propriété !

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Cet imposant Christ (dit du Sacré-Cœur) d’environ trois mètres de haut est campé sur un faux rocher fabriqué en mâchefer enduit de stuc.
L’édification de ce site en 1875 fut peut-être influencée par la réaction catholique à la commune de Paris*. Il fait immanquablement penser au jardin des Buttes Chaumont avec son imitation, très prisée à cette époque, d’une nature exubérante. (style « rocaille » impulsé par l’invention du ciment Portland.)
* 1875 pose de la première pierre de la Basilique du Sacré-Cœur à Montmartre.

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Bien que les années passant, la patine et la végétation lui confèrent une allure un peu plus naturelle, la rencontre de cet édifice au détour d’un chemin est plus qu’intrigante !
Le côté insolite ne s’arrête pas là, en effet la structure est creuse formant ainsi une grotte pour le moins improbable.

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La cavité a été aménagée en lieu de culte où l’on distingue encore les emplacements de l’autel et du tabernacle. L’environnement est décoré de faux stalactites d’un romantisme très kitsch destinés à renforcer « l’effet grotte ».

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A l’extérieur, un chemin en colimaçon élève le pèlerin jusqu’au pied de la statue.

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Frotter le gros orteil est censé favoriser une maternité proche. (Légende de Saint Greluchon). L’absence de rouille sur ce doigt de pied nickelé montre que le rite païen perdure alors que la procession catholique n’a plus lieu depuis des lustres.
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Autre lieu, autre cavité.
Dans la région de Rambouillet, si l’environnement sableux Stampien n’est pas une zone calcaire propice à la formation de grotte, la solifluxion du sable sous la dalle de grès peut dégager des surplombs qui peuvent s’apparenter à des grottes. Nous allons visiter une de ces cavités où le phénomène a été accentué artificiellement afin de dégager une caverne aux dimensions respectables grâce à un important travail d’excavation.
Dès l’entrée, la volonté de sublimer l’endroit est omniprésente.
Un agencement de pierres maçonnées ouvre sur deux boyaux mystérieux.

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L’intérieur n’a rien à lui envier. Une fois dans les lieux, des cloisons ajourées partagent l’espace dans une ambiance pour le moins étonnante.

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Manifestement, un tel effort d’aménagement souterrain a été dicté par une volonté d’abriter un lieu de culte comme le montrent ces arcatures à claire-voie décorées de croix latines.

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Saillant du mur, une langue de grès a été laissée en place pour former une sorte de table (autel ?) soutenue par une maçonnerie en voûte.
On peut y lire quelques graffitis. Parmi eux, probablement, un patronyme d’un soldat américain, le choix de la date correspondant à la libération du village. Cela tend à prouver que cette cavité jouissait d’une certaine renommée à l’époque, ce qui n’est manifestement plus le cas.

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Voci un autre endroit où le surplomb formé par la platière de grès a été mis à profit. Ici, l’adret est aménagé de manière spectaculaire à l’aide de terrasses et escaliers.

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Partant du talweg, ce cheminement qui louvoie entre les affleurements rocheux, atteint le sommet de la pente où se trouvait une chapelle abritée par la dalle de grès. Ce n’est manifestement pas pour bénéficier d’une économie de main d’œuvre quand on constate les moyens employés pour exploiter la pente en espaliers. Bien que l’aspect souterrain soit ici davantage suggéré que spectaculaire, l’endroit s’appelle néanmoins : Les grottes de …*

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Changeons de secteur, mais pas de région. En voulant montrer à un ami un ancien tunnel creusé par les carriers, quelle ne fut pas ma surprise en constatant que depuis ma dernière visite, le lieu avait été aménagé, là aussi, en lieu de culte. Comme quoi, si le goût pour le style rocaille est passé de mode, l’association grotte-religion est toujours bien ancrée dans les traditions.

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Nous allons conclure ces petites observations où le sacré « estampille » des anfractuosités par le massif de Fontainebleau. Ses rochers, aux formes tourmentées, contiennent souvent des géodes aux dimensions variables qui peuvent être apparentés à des cavités. Celles-ci sont parfois ornées de gravure linéaires majoritairement abstraites qui font couler beaucoup d’encre chez les amateurs de paranormal.
Plus sérieusement, les archéologues s’interrogent sur la (ou les) intentions des civilisations qui ont laissé ces nombreuses gravures toujours associées à des alvéoles plus ou moins prononcées.
Contrairement au cas précédemment visités, cette volonté de « sacraliser » des cavités prend ici un aspect beaucoup plus confidentiel. Il n’est pas rare d’être obligé de ramper pour les observer.

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Si on peut comprendre que les grottes dégagent une atmosphère mystérieuse par la modification de notre perception habituelle de l’environnement, ce n’est pas le cas pour ce modeste rocher que rien ne distingue de ses voisins si ce n’est une modeste encoignure.

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Une profusion (21) de croix latines sont gravées sur les parois de cette petite enfonçure. Pourquoi ce rocher et pas un autre ? Mystère !

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Les tailles et formes différentes tendent à montrer qu’elles ont été gravées par différentes « mains » attestant un rite inscrit dans la durée. On peut noter le jambage vertical de la lettre L transformée en croix .

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*J’ai pu visiter ces lieux fragiles grâce à l’amabilité des propriétaires. Compte tenu de leur fragilité , il est inutile de me demander où ils se cachent.

Capture
collection Jean-Michel Chesné.fr