Soufflantes à Decazeville

En 1826, dans une petite vallée de l’Aveyron commençait une aventure qui allait aboutir à un grand centre sidérurgique . Très succinctement, voici en guise de préambule un petit résumé de l’épopée:
Au début du XIXè siècle, la fonte du minerai de fer se fait à l’aide de charbon de bois. Les Anglais, confrontés à une grande pénurie de bois, commencèrent à utiliser le charbon de terre en épurant celui-ci par grillage. (Coke). Profitant des innovations anglaises, le duc Decazes, épaulé par l’ingénieur Cabrol, a mis à profit la proximité des mines de fer et de charbon du bassin Nord Aveyronnais. Il implante des hauts fourneaux, forges etc. L’essor de ce complexe sidérurgique fut à l’origine de la création d’une ville qui fut baptisée … Decazeville. Un siècle plus tard, la ville comportait 15000 habitants.
Les deux conflits mondiaux ont permis de maintenir l’activité marquée par des conflits sociaux violents. A partir des années 1950 le déclin définitif commence.

decazeville

 

1987, la dernière coulée de fonte était produite . Avec l’arrêt des fumées, du bruit et de la fureur des ouvriers, la vallée du Lot retrouve un calme amer au prix d’une diminution régulière de la population. (6000 habitants au dernier recensement).

 

Que reste-t-il de l’héritage de cette épopée sidérurgique ? Rien !
Une comparaison aérienne entre 1947 et aujourd’hui montre que l’on a fait table rase du passé industriel.

1947IGN2014IGNAllez, vous vous doutez bien que Baguenaudes vous a déniché quelque chose. Regardez bien en bas à droite, dans le cercle rouge, un bâtiment est toujours debout.

 

soufflantes (2)Ce bâtiment en triste état et fortement menacé par l’aménagement du site semble bien anodin, pourtant, il contient un témoignage de l’aventure industrielle de Decazeville. A l’intérieur, on peut découvrir les derniers exemplaires en Europe de soufflantes Corliss.
Késako ?
En gros, les soufflantes étaient des machines chargées de pulser de l’air pour activer la combustion dans les hauts-fourneaux. Des bouffadous en quelque sorte comme on dit avec l’accent régional.
Mues par une machine à vapeur, les soufflantes compriment l’air, un peu comme une pompe à vélo, pour l’envoyer dans de gros réservoirs. A l’intérieur de ces derniers (Cowpers), l’air est chauffé grâce à l’apport des gaz de combustion des hauts fourneaux (CO). Cet air chaud est injecté ensuite dans le haut fourneau pour attiser la combustion.

cowpers

 

Bien entendu, c’est beaucoup plus complexe que cela et je n’ai pas les compétences pour vous détailler le processus.
Gardons notre souffle et revenons… à nos soufflantes.
Si dans l’industrie, on connait une évolution vers le mini, le micro, et maintenant le nano, au début XXe siècle, les machines affichaient leurs puissances avec ostentation. Ici, souffler n’est pas jouer !

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Le personnage n’est pas là pour faire le charlot mais pour donner une idée des dimensions de ces volants d’inertie.
Cela ne vous rappelle rien ?

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Voici donc quelques vues de ces anciens « temps modernes ». Bien qu’il ait rendu son dernier souffle, cet assemblage de bielles et pistons énormes dégage avec leurs habillages de rouille un esthétisme digne de sculptures modernes. Ne mérite-t-il pas de passer de statut de déchet industriel à celui de monument témoin?

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Au cœur du dispositif, la machine à vapeur de type Corliss qui entraîne la bielle du volant d’inertie et les pistons du compresseur.

corliss

Le régulateur qui assure le débit constant de la vapeur.

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A l’opposé du volant, se trouve le compresseur.

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Admission d’air pour le compresseur ?

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Chose étonnante, vous pourrez constater que ce bâtiment industriel était dallé d’un joli carrelage.

carrelage

 

Quelques détails pris au hasard.

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Ci-dessous, les biellettes du tiroir d’admission ?

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En 1912, le dispositif est renforcé par l’apport d’une turbo soufflante Sauter-Harlé d’une capacité supérieure aux deux Corliss. Ces dernières resteront néanmoins actives pour parer à une éventuelle panne de la turbo soufflante. Il est impératif que le cycle de fonctionnement du haut fourneau ne soit jamais interrompu sous peine de détériorations très importantes.

harle

 

Après l’examen du cœur, des poumons et des membres de cette belle machine, passons au sous-sol pour découvrir les entrailles. Elles sont parcourues de tuyaux et conduites qui distribuent les fluides. (eau, vapeur, air)

Meuse

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A partir de 1939, il ne reste qu’un haut fourneau en activité et nos belles soufflantes de type Corliss ne sont plus utilisées qu’en dépannage.

 

Un plan très succinct pour tenter d’expliquer le principe.Plan1

Steam_engine_in_action Illustration Wikipédia

 

Association de Sauvegarde du Patrimoine Industriel du Bassin de Decazeville se bat pour que le bâtiment soit conservé et rénové, mais l’ avenir n’est pas encore assuré, la ville ne donnant pas l’impression de revendiquer et mettre en valeur son passé industriel. Heureusement un chevalement  a été sauvé par l’ASPIBD, pourvu qu’il en soit de même pour ces soufflantes exceptionnelles.

Puits_Decazeville

ASPIBD

 

Bonne année ?

 

L’année dernière, plein d’optimisme, je vous ai souhaité une excellente année 2015 tout en me gaussant des aruspices pessimistes qui farfouillent en continu les entrailles de nos médias.. Las, je dois bien avouer que je me suis bien fourvoyé. Les fées, marchant sur des voeux nous ont rapidement concocté une année bien pourrie pour ne pas dire une année de m…de. Le Grand Duduche s’en est allé alors que le Duce renait de ses cendres et il est bien difficile d’imaginer l’avenir en rose.
Néanmoins, Baguenaudes continuera d’essayer de vous faire partager quelques visites d’endroits qui me paraissent insolites, décalés ou simplement jolis, histoire de mettre un peu le quotidien entre parenthèses.

Alors, pour 2016, je ne serai pas trop gourmand: Mesdames les fées, s’il-vous-plait, faites-vous plus légères !

 

Ce petit oisillon est trop mignon pour se transformer en oiseau de mauvais augure.

2016

 

Allez, souhaitons que le fumier de 2015 fertilise un nouvel an prolifique en bulles de Champagne et cultivons les bons moments quand ils se présentent. N’hésitons pas entre le verre à moitié vide ou à moitié plein, vidons le !

 

Cheminée Géodésique

Décidément, on en trouve des choses bizarres en forêt !

fontainebleau
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La rencontre de cette imposante cheminée située en pleine forêt de Fontainebleau a de quoi étonner. En effet, aucune trace de vestige industriel à proximité ne vient justifier sa présence. Renseignements pris, nous apprenons que nous sommes en présence d’une cheminée géodésique. Allons bon, comme dirait Dario Moreno :

A partir des années 1750, Cassini entreprend de cartographier la France.
Il dessine la première carte homogène grâce à une triangulation s’appuyant sur des points dont les coordonnées sont connus .
Les points culminants, tours, clochers ont servi de repères visuels pour les visées.
Fin XIXe, début XXe, le climat géopolitique est plus que tendu et l’état-major a besoin de cartes les plus précises possibles. Pour compléter le maillage des points Cassini , des cheminées ont été érigées, principalement vers le Nord-Est, région où les relations avec les voisins sont pour le moins empreintes de méfiances.
Pourquoi des cheminées ? Deux raisons: la hauteur, ainsi que leurs sommets effilés, présentent des repères précis visible de loin.
Deuxièmement, pour être le plus précis possible, l’instrument de visée (théodolite ou mire) doit être placé à l’aplomb du point géodésique connu. Qui dit aplomb, dit fil à plomb. Pour que celui-ci ne soit pas perturbé par les courants d’air, ont donc été érigées ces cheminées. Le géomètre , grâce à un échafaudage en bois monte au sommet de la cheminée, place son fil à plomb pile poil à l’aplomb du repère au sol. Une fois la verticale établie, il aligne son théodolite au dessus pour effectuer la visée, ou une mire qui sera la cible d’une visée provenant d’un autre point géodésique.

Cheminée géodésique (1)

 

Près du sommet on peut voir le reste de la structure métallique qui donnait accès au sommet de la tour.

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Cela devait ressembler à ceci:
Nurlu

 

Le pied de la cheminée est pourvu d’ouvertures qui permettent de vérifier l’aplomb du fil.

Cheminée géodésique (11)
Cheminée géodésique (14)

 

Au sol, le point géodésique est ici matérialisé par une pastille en bronze de la taille d’une pièce de monnaie.

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Au dessus, l’intérieur de la cheminée est impressionnant. Je ne connais pas la hauteur de cette tour mais cela doit dépasser les 20 mètres.

Cheminée géodésique (12)

 

Au pied de cette cheminée on peut voir également un point de nivellement qui, renseignements pris, nous indique que nous sommes à une altitude de 146.313 mètres au dessus du niveau de la mer.

Cheminée géodésique (4)
J’entends bien le petit malin qui chuchote dans mon dos: à marée basse ou marée haute ? A cela, je rétorque que le point  étalon 0 a été calculé sur une moyenne des observations effectuées au marégraphe de Marseille du 1er février 1885 au 1er janvier 1897. NGF/IGN69. (France métropolitaine sauf Corse). Chaque pays possède son propre point 0 et pour compliquer la chose, les GPS utilisent un autre référencement (WGS84). Heureusement, ils savent s’adapter pour nous indiquer une altitude correspondant à nos cartes.

 

Revenons à nos cheminées. Celle-ci est beaucoup plus petite. Peut être est-ce dû à sa situation sur le point le plus élevé du Sud de la Seine et Marne (Rumont) dans un secteur où la végétation qui dépasse rarement la hauteur d’un épi de blé ne risque pas d’entraver la visibilité lointaine du repaire.

Cheminée géodésique (8)
Elle a été restaurée en 2000. La matrice cylindrique qui matérialisait le point au sol n’est plus en place. Le fait qu’elle était en cuivre n’y est sans doute pas pour rien.

Cheminée géodésique (9)

 

Autre plaine, autre cheminée. La suivante, haute de 9,15m., placée sur le point culminant du plateau de Champcueil, se voit également de loin. Son édification en béton la rend moins esthétique, mais bon ce n’est pas le but non plus !
Sa silhouette a été étêtée par une tempête tant et si bien qu’elle nous salue maintenant sans son chapeau de pierre dont on trouve des vestiges à son pied. Pied qui a également perdu la fenêtre de contrôle de l’aplomb du fil celle-ci étant vraisemblablement enfouie sous la terre.

Cheminée géodésique (19)
Cheminée géodésique (16)
On peut noter que le bloc à proximité est pourvu d’un repère géodésique.

Cheminée géodésique (17)
Cheminée géodésique (18)

 

La dernière que nous visitons ne fait plus partie du maillage IGN. Elle est pourtant bien jolie, toute de briques vêtue. On la trouve, abandonnée sur une butte au milieu d’un bois bien touffu. Ce jour-là, à La Grande Paroisse, Phébus m’a fait faux bond aussi les photos manquent un peu de peps.

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Le parement en brique d’une de ses arêtes a subi la visite de la foudre.

Cheminée géodésique (24)

 

Les nombreuses toiles d’araignées qui tapissent l’intérieur de l’édifice n’ont pas été dérangées depuis belle lurette par un fil à plomb.

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Au sol, une pierre indique l’ancien repère sous la forme d’un petit trou foré où le poids du fil à plomb doit venir se loger.

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De l’extérieur, on retrouve les lumières permettant de visualiser la position du fil.

Cheminée géodésique (22)

 

La recherche de ces cheminées peut faire un motif de promenades agréables dans la nature, mais n’y laissez pas vos souliers fin Décembre, il y a peu de chances que le Père Noël les visite.

Cheminée géodésique (23)

 

Vous trouverez la liste des cheminées géodésiques avec leurs emplacements !hand-cursor .
!hand-cursorvous en verrez un grand nombre photographiées. Bien qu’ayant toutes le même usage, on peut constater une grande disparité concernant leurs formes.
Concernant les repères géodésiques, je vous invite à visiter le site de’l’ami Jeanpoule !hand-cursor
C’est pas sorcier la cartographie !hand-cursor

Toitures à la Philibert

 

En Lozère et Aveyron, le profil des toitures de certaines bâtisses ne manque pas d’attirer le regard. On ne peut s’empêcher de songer à une carène de bateau inversée.

Toitures Philibert (3)

 

Pourtant, la tradition maritime de ces départements est loin d’être évidente !
Traditionnellement ces charpentes sont qualifiées de charpente à la Philibert Delorme.
On doit à cet architecte (1510-1570) de nombreuses réalisations dont le château d’Anet.
Sa  participation éventuelle au bâti rural qui nous intéresse concerne une invention qui permet de réaliser des charpentes à moindre coup. En effet, celles-ci comportent une succession d’arbalétriers formés par des planches courtes et cintrées assemblées par des chevilles et dont les joints sont alternés. Ces arbalétriers supportent les voliges où sont accrochées ou clouées les ardoises.Toitures Philibert (2)
Les arbalétriers sont reliés entre eux par des liernes fixées par des clefs.gallicaDocuments Gallica.
Il devient beaucoup plus facile de remplacer un élément défectueux et il n’est nul besoin d’employer du bois « noble » ce qui répond à la pénurie de bois de charpente dont souffrait l’époque. Outre la diminution des frais, ces structures offrent le gros avantage de libérer l’espace utilisable des combles.
Il ne reste plus de charpente conçue par Delorme mais sa méthode a rencontré un grand succès et on peut considérer que Delorme est en quelque sorte l’inventeur du lamellé collé.
Pour autant, est-il à l’origine de nos toitures rencontrées sur les berges du Lot ? Rien ne le prouve.
Ces édifices ont bien une similitude avec les charpentes « Philibert » mais sont dépourvues des liernes qui relient les arbalétriers cintrés. La plupart des constructions recensées datent de la fin du XVIIIe début XIXe et sont assez concentrées géographiquement ce qui peut amener à penser qu’il s’agit là plutôt de l’influence d’un compagnon charpentier qui a fait école. La plupart des photos qui suivent ont été prises dans les environs de Saint Côme. Il est à noter que souvent ces charpentes sont en peuplier, bois qui peut se cintrer facilement et qui pousse près des rivières.

 

Alors, Philibert, pas Philibert, carène de bateau ? Qu’importe, naviguons sur  les vagues des monts  aveyronnais à la recherche de quelques toitures aux rondeurs esthétiques parées de lauzes en écailles de poisson.

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Coiffant de simples granges, ces charpentes permettent également des toitures plus complexes.

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Le grand volume que déployait cette grange a été réaménagé de façon contemporaine.

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A Saint Come, la petite chapelle des pénitents possède aussi une toiture dite à la Philibert.

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Pour notre plaisir, la charpente est visible de l’intérieur.

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Détail des arbalétriers formés de trois rangées de planches chevillées entre elles et dont les bouts sont jointés en alternance.

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Avant de quitter les lieux, afin d’éviter le torticolis, tournez aussi votre regard vers le sol, celui-ci comporte de belles dalles funéraires.

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La technique décrite par Philibert Delorme. .hand-cursor .

 

 

Vestiges miniers à Carmaux

 

Un soleil de plomb domine ce paysage tarnais. Il règne un grand calme, la chaleur semble même étouffer les sons, mais ce ne fut pas toujours le cas .

carmaux (12)Cette impressionnante cuvette n’a rien de naturel ! Plus d’un kilomètre de diamètre pour une profondeur de 300 mètres, c’est le résultat de ce qui est encore à ce jour, la plus importante excavation houillère d’Europe.

En 1752, l’exploitation industrielle et souterraine du charbon commence sous l’impulsion du marquis de Solages.
Fin XIXe, la mine emploie plus de 2000 personnes. Des grèves sévères ont lieu. Jean Jaurès est élu député de Carmaux en 1895. La ville devient un symbole du socialisme.
En 1945, les mines sont nationalisées.
A partir des années 1950, la concurrence du pétrole entame une période de déclin irréversible.
En 1980 F. Mitterrand s’engage à soutenir l’activité minière sur le site.
Suite à des mouvements de grève, une tentative d’exploitation à ciel ouvert est lancée pour tenter de sauver la filière. L’aventure de durera qu’une dizaine d’année.
1985 : début de l’exploitation à découvert.
1987 : fermeture du dernier puits.
1997 Fin de l’exploitation du charbon.
La réhabilitation du site se fait non sans mal en transformant celui-ci en un parc familial de loisirs et d’aventure.
Voici un petit aperçu de l’évolution du site.

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Place aux images.
Moi qui suis toujours à la recherche des témoignages de l’ activité des fouisseurs de terrain et qui m’ ébaubis à la vue d’un reste de berline perdue dans la forêt de Fontainebleau, moi qui trouve que la rouille n’est pas dénuée de poésie et pas que grâce  aux possibilités de rimes qu’elle offre, ici, je suis comblé !
Sur les gradins qui flanquent le cratère sont exposés quelques monstres responsables de l’excavation. La taille de ces petites usines ambulantes est on ne peut plus spectaculaire !
Une pelle LIEBHER qui accuse 160 tonnes sur la bascule.carmaux (10)
Ce dumper possède des roues d’un diamètre de deux mètres.carmaux (9)carmaux (11)

 

Cette excavatrice aux chenilles surdimensionnées semble sortie d’un décor de Stars war !
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Elle alimentait un tapis roulant amovible.

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Le paysage ne pouvait pas lutter face à de tels engins et on comprend rapidement qu’une dizaine d’années suffirent à modifier complètement sa physionomie.

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Ces grosses bébêtes sont conçues pour faire des trous, mais en 1985, leurs puissances fut employées à un autre usage :


 

Nous allons voir maintenant que si la force industrielle de ses engins est colossale, la puissance destructive de la bêtise humaine n’a rien à lui envier.
Une fois extrait, le charbon doit être débarrassé de ses impuretés. Au Tronquié, une usine de lavage est installée. Depuis sa fermeture aux alentours de fin 1990 elle est la proie de visiteurs malveillants dont l’acharnement laisse pantois.
carmaux (20)Tout est tagué, cassé, brulé, au grand découragement du propriétaire actuel. Certes, le photographe y trouvera toujours un intérêt puisque cet imposant édifice à la structure ajourée réserve malgré tout des possibilités photogéniques mais quel gâchis !
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Une double rampe d’accès  amenait le charbon aux lavoirs.

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Voici ce qui reste des sanitaires ! Quelle constance dans la destruction.

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Ainsi finit le patrimoine industriel…
Ce site, pollué et dangereux, est à éviter. Heureusement, on peut se consoler à Cagnac les mines. Le musée de la mine, que l’on doit à l’initiative d’anciens mineurs soucieux de conserver un témoignage de ce qui fut la richesse de Carmaux, nous replonge dans les conditions de travail de l’époque.
Par exemple, on peut voir à gauche des piliers hydrauliques, au milieu le convoyeur blindé et à droite la haveuse à tambour.

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Mineurs, maîtres du barreau

 

Spécialistes de Droit Pénal, veuillez bien m’innocenter pour ce titre équivoque puisque c’est le barreau d’échelle qui est le prétexte de cet article.
Le sujet peut vous paraître bien mince, mais vous allez voir qu’on peut développer.

Bien que depuis fort longtemps en Europe la remontée du minerai ne s’effectue plus à dos d’homme, au cours des pérégrinations minières, parmi les vestiges de l’activité que l’on rencontre le plus souvent, se trouvent les échelles métalliques ou ce qu’ il en reste. (Celles en bois ont, pour la plupart, fini rongées par les mérules.)

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Comme les trémies à qui elles sont souvent associées pour leur maintenance, elles sont porteuses d’espoir de zones à découvrir pour l’explorateur. Qu’y a-t-il au bout du dernier échelon ? D’interminables galeries encombrées de berlines ou seulement, comme bien souvent, une petite chambre d’exploitation ?

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Ces échelons sont bien tentants, mais hélas, suivant le milieu, ils ont bien du mal à résister aux attaques conjuguées de l’humidité et du temps. Ce barreau par exemple est âgé d’une cinquantaine d’années et son état n’incite pas vraiment à faire confiance aux échelles du secteur.

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On peut bien sûr utiliser cette technique pour tenter d’atteindre l’éventuel nirvana qui se cache en haut de ce bure.

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Mais il est plus rationnel et prudent d’employer les méthodes de progression sur corde.

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Ces échelles, longues en moyenne de 2,50 à 3 mètres, sont parfois mises bout à bout de façon audacieuse. J’en ai vu reliées uniquement par du fil de fer. Cela n’arrêtait pas les mineurs qui empruntaient des sections parfois d’une grande hauteur.

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On imagine facilement le danger et la fatigue que procurait l’exercice.
Si à la moitié du 19e on était bien conscient de cet état de fait, ce n’est pas pour cela que les enfants en étaient dispensés.
Document de 1864 à lire

 

Quand la hauteur des puits rendait l’emploi des échelles impossible, le personnel était véhiculé dans des cuffats, sorte de tonneau suspendu à un câble ou une corde.

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Cuffat(1)

http://crassier.double.monsite-orange.fr/

 

La possibilité de rupture du câble et les chutes de pierres rendaient ce moyen très périlleux. Du fait du tressage de la corde ou du câble, il était impossible d’éviter le mouvement de rotation du cuffat, car celui-ci n’était pas guidé dans le puits. L’entretien de ce moyen de transport était onéreux et d’un faible rendement à cause de sa lenteur. De plus, le transport du personnel impliquait une interruption de la remontée du minerai.

 

L’échelle mobile.
Pour obvier à ces inconvénients, un ingénieux système d’échelle dite oscillante a été créé. L’échelle, reliée à une machinerie, effectue un mouvement vertical de va-et-vient. Le mineur passe alternativement de l’échelle à des paliers fixes disposés au long de la cheminée.
Ce système permet ainsi de monter ou descendre sans effort.
Plutôt qu’une longue explication laborieuse, voici une illustration du principe:echelle-mobile

 

Inventée par H. Sarton en 1776, cette méthode n’a d’abord pas attiré l’attention, mais refit son apparition dans les années 1840 en Allemagne (Fahrkunst) et Cornouailles (man-engine).Dans le système mis en place dans la mine de Hartz, ce sont deux tiges munies de paliers qui oscillent verticalement. Le mineur passe de l’une à l’autre. Par sécurité, une échelle fixe est située entre les deux tiges mobiles.
Plan

 

En 1845 M. Warocqué en Belgique perfectionne le principe et met le système en application à la mine Mariemont. Des verticalités de plusieurs centaines de mètres ont pu être équipées.

Description avec plans.

 

L’amélioration de l’aménagement des puits avec notamment l’usage de cages guidées sonna l’abandon progressif de ces échelles mobiles.
Une démonstration au Bergwerksmuseum Grube Samson :

Jules Verne, dans son roman peu connu les Indes noires, mentionne le système des échelles oscillantes. (Page 72).
Si l’exploitation des vieilles mines vous intéresse, je vous invite à parcourir ce livre où il a puisé son inspiration. Vous pourrez y lire la description des échelles oscillantes à partir de la page 245. De plus, les illustrations de Jules Ferat sont d’un romantisme magnifique.

Vous pouvez également consulter  les conditions de travail des mineurs à la moitié du XIXe.

Et tout ça à partir d’un barreau d’échelle rouillé !

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Année 2015

 

Ça y est, enfin les journées rallongent.
Tradition oblige, bonheur, santé et richesses sont souhaités, sincèrement à ceux qu’on aime et poliment aux autres.
C’est également la période où l’on prend les nombreuses bonnes résolutions qui ne dureront, comme tous les ans, que le temps des décorations des sapins de Noel.
Les aruspices médiatiques nous avaient prévu un gasoil à 2 euros, un siècle pour remplir les nappes phréatiques etc…
Symbole de notre époque formidable, même ce pauvre père Noel devrait voir l’accès à nos petits souliers obturé clic! Tant va la cruche… allo ! Non mais allo quoi !

Ne nous emberlucoquons pas avec les brimborions de ces oiseaux de mauvais augure et rassérénons nous en traquant les bons moments qui ne manqueront pas de s’offrir à nous tout au long de l’année.

Normalement, les vœux sont formulés sur une belle carte illustrée de sapins enneigés, hélas, dans ma campagne, les flocons, point n’ont chu aussi, on se débrouille avec ce que l’on a !
Cela n’enlève rien à la sincérité du message !

 

La rune mystérieuse

Nous savons  que le massif gréseux de Fontainebleau et alentours recèle de nombreuses gravures rupestres. Le comité rédactionnel de Baguenaudes participe activement au recensement des sites "ornés". Un faisceau de présomptions attribue ces gravures  à une période mésolithique, mais la grande variété de styles rencontrés  ne manque pas de soulever pour certains, soit des interrogations, soit des certitudes parfois poétiques ou pires, bien farfelues !

Nous allons zoomer sur une de ces gravures qui génère des piccotements cervico-occipitaux.
Dans un lieu proche d’une ancienne carrière de grès, on connaissait à deux endroits différents, la présence d' un glyphe mystérieux en forme de ("chandelier")  fort différent du style de gravures habituellement rencontrées dans le massif.
 

Inutile de me demander l'emplacement , le propriétaire de ces lieux  apprécie la tranquilité. 

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L’interrogation concernant ces gravures particulières a grandi quand on s’aperçut qu’une publication datant de 1975 du groupe archéologique Total faisait mention de 6 représentations de ce glyphe, et cela de manière fort détaillée.

Mandaté par Baguenaudes, l’inspecteur Gadjo ne pouvait manquer d’aller à la recherche de ces 4 autres chandeliers afin de comparer l'observation de 1975 avec la situation actuelle. 
Voici le relevé du groupe Total datant de 1975. (Les signes ont une hauteur comprise entre 10 et 20 centimètres.)

 

Fig 1 Pour enquêter, le fin limier a dû échanger sa loupe contre une brosse car retrouver la première gravure ne fut pas une mince affaire. Les rochers moussus sont légion dans le coin et il a fallu débarrasser plusieurs parois de leurs couvertures végétales afin de retrouver le premier indice qui n'était que partiellement recouvert en 1975.

     

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La fig 2 lui a posé beaucoup moins de problèmes. C' est sans conteste celle qui se trouve sur le front de taille de l’ancienne carrière de grès. La gravure est soignée. Si ses dimensions sont respectables (25 cm de hauteur), la finesse du trait fait qu’en fonction de l’éclairage, cette figure n’est pas toujours très visible, mais le célèbre détective ouvre l’œilHooo, c'est beau !. La position de ce "chandelier" montre un souci de marquer le lieu de manière ostensible. C'est d'ailleurs la gravure la plus connue.

    

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La fig. 3 est également connue  car située sous la lèvre supérieure d’un abri qui possède un quadrillage et quelques sillons typiques. Elle est de taille plus petite (12 cm)  et sa position dictée par la nature de la roche en surplomb  fait qu’elle est plus discrète. Il n'y a pas de différences notables avec l'observation du Groupe Total.

    

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La fig. 4 quant à elle, était complétement recouverte  par la mousse. Elle est plus modeste (hauteur 10cm) mais gravée avec soin. Elle  est située au dessus  de l’entrée d’une belle géode très richement décorée de gravures typiques au massif bellifontain.

    

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La fig. 5, Cette gravure n’a pu être observée sur place mais au Musée archéologique de Nemours,sans doute déplacée à des fins de  préservation. Elle se trouvait sur un petit bloc devant l'entrée de la géode précédente. Il peut s'agir du réemploi d'une ancienne pierre de bornage. 
Le relevé de son tracé fin  dénote plusieurs hésitations.


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La fig. 6, est atypique puisque peinte. Size au fond d'une géode richement décorée de gravures rupestres "classiques", elle est décrite comme écaillée en 1975. L'inspecteur a dû reprendre sa loupe car il ne reste pratiquement rien des pigments et sa présence passait complètement inaperçue.
 

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Bon, c'est bien joli tout ça, mais quoi faire de ces 6 indices en "chandelier" ? S'interroge l'inspecteur.
– On ne peut pas dire qu'ils nous éclairent beaucoup! S'exclame l'inspecteur qui sait faire preuve d'humour même dans les situations les plus complexes.

Tous ces glyphes ont pour point commun de pointer des rochers où on trouve des cavités.

Et puis d'abord, sont-ce bien des chandeliers ?
Fort de son expérience, il consulte moult alphabets de divers horizons sans succés mais il se souvient du Voyage au centre de la Terre de Jules Verne.
Les héros trouvent le passage en déchiffrant un texte écrit en runes islandaises par un certain Arne Saknussemm .
Voici la reproduction de la signature parue dans l'édition originale:
 



Surprise ! La dernière rune ressemble curieusement à notre chandelier. (C’est la première rune du message Hooo, c'est beau ! à décrypter dans le roman car en plus le texte est écrit à l'envers.)
L’équivalence proposée par Jules Verne est un double M.

A partir du milieu du 19ème siècle, parallèlement au progrès scientifique, un fort engouement pour le surnaturel s’est développé. (Photos truquées d’esprits, séance de spiritisme, etc.). Les runes ont fait partie de cette mode. Rappelons le sinistre emploi par les nazis d’une rune double pour symboliser les SS.

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Depuis 1975, l'évolution du recouvrement vêgetale ainsi que la dégradation des pigments du signe peint donnent à penser que la réalisation de ces glyphes remonte à la fin du 19ème ou à la première moitié du 20ème siècle.
Petit rappel, le roman de Jules Verne fut publié en 1864.
Que conclure ?
1/ Nous avons donc dans le roman une entrée secrète vers le monde souterrain mais il faut décrypter des « signes » pour trouver le chemin.
2/ Sur le terrain, nous avons des cavités estampillées par des glyphes gravés ou peints dont la signification peuvent signaler un « double M »
De là à penser qu’une certaine Madame Michu et un monsieur Michalon, ayant lu le roman, ont voulu immortaliser leurs ébats en apposant leurs initiales sous forme de rune il n’y a qu’un pas que le célèbre inspecteur se gardera bien de franchir.

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Plus prosaïquement, Baguenaudes en conclut que la comparaison avec les observations de 1975 peut donner une fourchette un peu plus précise de l'ancienneté toute relative de ces gravures particulières, qu'une ou plusieurs personnes ont voulu marquer certains lieux remarquables et qu’elles ont peut être utilisé la représentation d’une rune islandaise pour cela. Tout autres interprétations pour le moment ne seront que …littérature.
Concernant ces gravures, vous trouverez un article bien plus sérieux et détaillé écrit conjointement avec L.Valois dans le bulletin du GERSAR.

 

Les gravures rupestres sont un témoignage fragile des temps anciens. Respectons les.
Vous voulez décrypter le code employé par Jules Verne?

C'est ici.

Vous pouvez maintenant traduire ce message laissé par Mme Michu et Mr Michalon:
"rscuu etsag psena uedeB"
Qui sera le premier à trouver ?
PS: Vous remarquerez que je vous ai épargné un jeu de mots avec pétroglyphe!

 

Roman Tome 3

Cette petite baguenaude touristique va vous faire remonter le temps sur les flancs d’une colline qui surplombe la ville d’Espalion dans le Nord Aveyron.

 

Au début de l’ére chrétienne, Chrétiens, Sarrasins, descendants de Celtes etc., ont dû furieusement échanger moult messages de paix afin de rameuter des ouailles à coups de :Ouille ! Aïe !
Le calme revenu, la région a conservé une importante christianisation des lieux. Carrefours, ponts, points dominants, tout est labellisé à l’aide de calvaires et statues. Les environs d’Espalion, situés sur la Via Podiensis, ne dérogent pas à la règle et l’art roman est bien représenté.

 

Eglise de Perse

 

 

Aux alentours de l’an 750, un moine évangéliste perdit la tête, bien aidé en cela par le laguiole d’un sarrasin oublié par Martel Charles.
Ce coup le laissa béant et béat. La légende de Saint Hilarian pouvait commencer.
Le susnommé aurait rapporté sa tête à sa mère en traversant le Lot. Trop fort !

 

Au fil des ans un lieu de culte fut érigé sur les lieux du décollement miraculeux.
Cette chapelle, bâtie en grès rose à l’Est d’Espalion, date du XI-XII é siècle. De nombreux touristes et jaquets ne manquent pas de la visiter.
Faisons la même chose.

 

Le porche d’entrée est surmonté d’un arc plein cintre en calcaire orné de magnifiques bas reliefs.
Ne restons pas sourds à la beauté de ce tympan Persé

 

L’intérieur est austère mais les proportions sont belles et les chapiteaux sont ornés de fort belle manière.

 

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En quittant les lieux n’oublions pas de lever les yeux vers les modillons qui contemplent toute cette agitation d’un air un peu étonné..

 

Puech de Vermus

 

Le chemin est étroit et la pente est rude mais le paysage vaut le coup.

 

Arrivés à un point dominant, on a droit à une statue de vierge édifiée en 1862. Sans doute jalouse de la vénus de Milo, la statue a commencé à perdre ses mains mais, une opération de chirurgie
esthétique un tantinet ratée à mon goût a rétabli l’intégrité physique de la vierge.

 

Sarcophages de Coste Vieille.

 

200 mètres plus loin, sur un grand replat, une dalle de grès affleure dans une prairie. Dans la roche, 5 sarcophages ont été creusés. On ne sait pas grand chose quant à leurs origines. On pense à une communauté de moines : les cénobites. (Je vous fais confiance pour trouver un jeu de mots)

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Chapelle de Carnéjac.

 

Maintenant, il nous faut quitter le GR pour aller visiter une toute petite chapelle perdue dans  vallon qui entaille le Puech..

 

Ses dimensions sont on ne peut plus modestes. Reconstruite en 1661, elle conserve néanmoins 2 beaux chapiteaux qui présentent une forte ressemblance avec ceux de Perse au point qu’il n’est pas aberrant de penser qu’ils furent sculptés par les mêmes compagnons.

 

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Las, à cet endroit je suis obligé de mettre un terme à ce magnifique article érudit car je me suis embourbé et n’ai dû mon salut qu’au passage d’un tracteur dont le conducteur m’a gentiment
sorti du champ.

 

Décidément Baguenaudes prend d’énormes risques pour vous faire partager quelques moments bucoliques et culturels et se retrouve souvent dans la boue ! Les vestiges romans sont nombreux dans le
coin mais je vous invite à visiter la chapelle suspendue de Saint Pierre de Béssuéjouls à 5 kilomètres à l’ouest
d’Espalion.

 

Bonne baguenaude en regardant le diaporama ci-dessous!

clic1

 

Nostalgie ferroviere

J’ai toujours été sensible aux voies de chemin de fer.
Sans doute une réminiscence de l’époque où, bambin, je pouvais voir passer les trains de la fenêtre de ma chambre. En ce temps-là une belle fumée sortait des naseaux de la bête et celle-ci affichait fièrement sa puissance en exhibant des roues et bielles impressionnantes.
La météorite du progrès a fait disparaître ces dinosaures de nos campagnes. Seuls quelques panneaux à l’iconographie obsolète perpétuent le souvenir.

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Allez, trêve d ‘épanchements madeleino-proustien, passons à du concret.
N’ayez point peur de dérailler en cliquant sur les mots en bleu ou sur les images.
Il m’arrive souvent de flâner sur les voies ferrées plus ou moins désaffectées près de chez moi où la nature reprend ses droits.

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J’y retrouve  des clins d’œil de mes pérégrinations en Lorraine sur les traces du minerai de fer.

 

Lorraine2petit Lorraine1petit
Famille de Wendel Micheville

 

A force de mettre mes pas le long des traverses, je m’interroge sur la signification des clous qui marquent certaines traverses de chemin de fer.
1ère constatation, ils sont souvent par 3.
2ème constatation leurs formes sont différentes.
3ème constatation, des caractères figurent sur leurs têtes.

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Ceux dont la tête est carrée sont frappés de 2 chiffres qui mentionnent l’année du traitement de la traverse. Ceux du XIX ème siècle sont en bronze.
Après quelques kilomètres, j’ai retrouvé mon année de naissance !
Avez-vous la même chance ?

Rail2petit.jpg

 

 

Les clous hexagonaux ou triangulaires sont marqués de 2 lettres correspondent à l’estampille du fabricant.
Je cherche fébrilement mes initiales. Et bingo je trouve ! AG comme
Amédée Gadjo
Soyons sérieux AG correspond à Achille Gaillard à Oissel dans le 76.
Les vôtres sont elles ici ?

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La troisième série correspond à l’écartement entre les rails (sabotage). Les clous sont ronds ou parfois remplacés par des pastilles. Cela varie de 1435 à 1465. Là aussi, seuls les 2 derniers chiffres sont indiqués.

 

ecartementPetit.jpg

 

La cote standard en France est de 1435 m/m (environ 60% des voies ferrés mondiales).
D’où vient cette norme ?
D’Outre-Manche où furent construites les premières lignes en 1825. Messieurs les Anglais ont tiré les premiers leurs charrettes par des machines à vapeur sur rails. Ils ont utilisé la largeur de 4 pieds 8,5 pouces car les fabricants de wagons étaient les mêmes que ceux des calèches.
Okay, comme on dit là bas, mais la largeur des calèches,  elle vient d’où ?
Saperlipopette, comme on dit cheu nous !
Ben du cul des chevaux du père Jules. En effet les romains auraient fixé cet écartement pour leurs fameuses voies dallées. Ce serait le meilleur compromis pour conserver maniabilité et stabilité à leurs chars tirés par 2 chevaux. Comme il a imposé son joug un peu partout en Europe cet écartement d’ornières s’est répandu.
Mouais…, quid des chars à bœufs ? Je veux bien que tout ce monde devait rouler dans les mêmes ornières mais au m/m près j'en doute. Bon, si c'est écrit sur Internet, c'est forcément vrai !

Une version plus crédible ici par Philippe de ITF.

Je cause, je cause et vais finir par vous faire rater votre train.

 

Restent quelques clous dont je ne connais pas la signification à part le 1C qui correspond à la longueur et à la largeur de la traverse.(3 m.x 0,26m.)

diverspetit.jpg

 

Le traitement des traverses se fait à la créosote. Malgré leur vétusté elles dégagent encore une forte odeur au point que je ne peux garder à l’intérieur de la maison les clous ramenés. Ce produit est très toxique et le traitement des traverses usagées pose de gros problèmes à la SNCF (enfin surtout à nous.)
Pour terminer, voici quelques exemples de frettes destinées à éviter que les traverses ne se fendent.

 

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Pour mémoire 105 000 kilomètres de voies ont été créées en France. A raison d’un travelage de 1666 traverses au kilomètre, cela fait un total de 174 millions de traverses. Tatillons, vous argumenterez que toutes n’étaient pas en bois. Mais ce savant calcul ne tient pas compte du remplacement des traverses usagées ni des voies de service. Ne chipotons pas, les 2 éminents savants Grosso et Modo estiment que cela représente un volume de l’ordre de grandeur de la pyramide de Khephren. Mises bouts à bouts, elles atteindraient très largement la Lune !

 

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S’il vous prend l’envie de collectionner ces clous, sachez que vous deviendrez ferrocloutivipathe . Vous aurez rapidement le dos en compote à force de marcher le dos courbé sur les voies de chemin de fer. Ceci dit, la totalité des clous présentés ici ont été ramassés sur un tronçon de 2 kilomètres donc assez rapidement.
Surtout restez prudents car :

traverser.jpg

 

 

Voici 3 liens forts intéressants où j'ai puisé sans vergogne pour faire le malin. Merci à eux.
cfpa.asso
ptitrain.com
itff

Et une vidéo sur l'"inventeur" de la locomotive.


L'histoire de George Stephenson par Angelsonador