Lathrée clandestine

 

Avec l’arrivée du printemps, l’humeur mélanbucolique s’exacerbe, aussi les envies de baguenauder reprennent de plus belle afin de profiter du spectacle multicolore offert par les paysages champêtres.
C’est le moment de rencontrer sur les berges des ruisseaux de spectaculaires explosions de bouquets violacés. Suivant les régions, ces manifestations florales ne sont pas rares, mais il faut parfois chausser les bottes afin de les observer car ces belles affectionnent les recoins humides où elles s’épanouissent aux pieds des arbres qui surplombent les ruisseaux.

 

Outre sa floraison peu banale, cette plante se distingue par le fait qu’elle ne possède pas de feuilles.

En effet, nulle manifestation de verdure chlorophyllienne susceptible d’assurer la photosynthèse. Comment la Lathrée clandestine, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, obtient-elle l’énergie nécessaire à sa survie ?

 

La floraison n’est que la partie émergée de l’iceberg ! Cette plante possède un réseau de rhizomes très développé pouvant peser plusieurs kilos. Ces tiges souterraines blanchâtres sont munies de suçoirs qui pompent directement la sève dans les racines des arbres. Ces pompes aspirantes assurent ainsi une transfusion énergétique. Notre belle fleur violette est donc une plante holoarasite. Parasite certes , mais nullement nuisible envers son hôte nourricier.
Son mode d’existence rend toute tentative de transplantation vouée à l’échec aussi ne privons pas le promeneur suivant de l’attrait de la lathrée.


Si on écarte délicatement les feuilles qui jonchent le sol, on découvre de petits bouquets blanchâtres très fragiles.



Ces « bouquets » sont formés d’écailles entre lesquelles le calice de la fleur se développe.

 

La pollinisation est assurée par les butineurs et le vent. La lathrée produit des fruits qui contiennent quatre à cinq fruits. Expulsées mécaniquement (autochorie), les graines tomberont dans l’eau . Les plus chanceuses échoueront plus loin sur un lieu humide à proximité d’un arbre, elles pourront germer, prendre littéralement racine et s’y nourrir. La lathrée va développer tranquillement son rhizome sweet home, mais il faudra attendre dix ans avant que les fleurs éclosent.

 

Quand la fleur a assuré la production de ces graines, elle disparaît complètement de la surface et mérite ainsi sa dénomination de clandestine.
Il est donc bien naturel que l’on ait choisi cette jolie orobanche pour symboliser les amours cachées !

 

Lait de loup

 

Promenons nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas.
Absent Maître Ysengrin ? Pas sûr ! Parmi les branches mortes qui jonchent les sols humides, on peut remarquer des rameaux colonisés par des petites boules étranges à la couleur vive.

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Bergère, ne prend pas la peine de rentrer tes moutons. L’imagination populaire a baptisé ces curieuses manifestations de lait de loup. L’analogie peut paraître bien étrange, risquons une interprétation expliquant que la forme sphérique évoquerait des gouttes de lait tandis que le caractère carnassier du loup serait associé à la couleur rouge? Un peu tarabiscoté, je le concède bien volontiers.
Quoi qu’il en soit, l’esthétique de ces « gouttelettes » ne peut qu’ éveiller la curiosité et nous allons voir que son étrangeté ne se limite pas à son aspect.

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Renseignements pris, ce petit « champignon » possède des caractéristiques bien particulières.
Premièrement, ce n’est pas un champignon puisqu’il ne possède pas de mycélium et la chose a été confirmée par l’étude de son ADN.
Est-ce un végétal ? Pas de chlorophylle ni racine donc, on va dire non.
Cet organisme est capable de se déplacer et même de contourner des obstacles pour se nourrir. (Débris végétaux, champignons, bactéries ). Animal donc ? Non plus, car la chose est unicellulaire.
Mi-animal, mi-végétal, ces petites gouttes de lait de loup sont finalement classées dans le règne des protozoaires dans la classe des Myxomycètes.
Dixit l’encyclopédie participative : Leur nom est formé de « myxo » qui signifie gélatineux, gluant, et de « mycète » dont la racine myc- signifie champignon, car les Myxomycètes sont traditionnellement étudiés par les mycologues, bien qu’il s’agisse en fait d’« amibes collectives »
Gros plan sur le Lycogala epidendrum.

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Il arrive que l’enveloppe laisse échapper une matière visqueuse (Plasmode).

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En vieillissant, il noircit et sa chair devient pulvérulente.

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J’ai rencontré une autre forme, assez étrange elle aussi, pourvu qu’on l’observe de près. Peut être un tubifère rouillé ?

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Est-il utile de préciser que ces myxomycètes, bien que non toxiques, ne sont pas comestibles ?

 

Un site spécialisé sur les myxomycètes hand-cursor
Et un autre sur les champignons hand-cursor

 

Licorne

 

Surprise!
Nous sommes bien loin de la forêt de Brocéliande, pourtant les frondaisons humides se sont écartées doucement ce matin pour livrer passage à cette belle licorne.

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Chut ! Profitons du spectacle.

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Je vous vois venir, pourfendeurs d’incertitudes et approximations, vous allez argumenter que le front de cette belle apparition n’est pas dotée de corne, mais de bois!
Laissez moi rêver. Son front n’est paré que d’un seul appendice, donc c’est bien une licorne !

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Le chevreuil perd ses bois à l’automne. Ceux-ci repoussent rapidement et sont débarrassés de leurs velours en Avril- Mai (fraye).
(Remarquons au passage que les animaux porteurs de bois sont qualifiés de cervicornes histoire de mettre un peu de confusion.)
Pourquoi notre licorne ne possède qu’un « bois » ? Anomalie génétique, bagarre? Ce bois dépourvu d’andouiller semblerait indiquer un individu relativement âgé (7/8 ans).

Si je la croise, je demanderai à la fée Morgane.

 

L’arrivée du printemps

 

Pour le plaisir des yeux, je vous présente quelques photos qui annoncent le retour du soleil.

Revenons au Château de la Rivière où les eaux se sont retirées des bocages. La migration estivale a garni les murailles de locataires bruyants où la moindre éminence est occupée par de nouveaux guetteurs. Le spectacle son et lumière offert gracieusement par ces cigognes blanches est assez impressionnant.


Wikipédia

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Tout ce joli monde est employé à la confection du nid qui au fil des ans peut atteindre 1.50m. de diamètre et un poids de 60 à 200 kgs !

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L’attitude du spécimen au second plan peut être interprété comme un salut ou comme une menace.

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Pour faire savant, on peut placer dans la conversation que contrairement à beaucoup de volatiles, Monsieur Cigogne possède un pénis vestigial..
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Si la cigogne hiverne, ce n’est pas le cas du lézard vert qui lui hiberne.
J’ai eu la chance d’observer ce joli mâle profitant des premières chaleurs pour sortir de sa léthargie.

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Allez, on termine ce petit bestiaire printanier avec ce joli passereau qui passait par là. L’est-y pas mimi ce pinson comme dirait Alfred ?.

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Cigognes

 

Nous sommes en Normandie. Si, si, vous ne rêvez pas, le ciel est bleu et ce n’est pas un trucage. (Normands, pardonnez-moi, mais je viens de subir 10 jours de pluie avec des gouttes d’eau d’un litre, faut bien que je me défoule).

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Au milieu du bocage envahi par l’eau se découpent les murailles romantiques du Château de la Rivière. Sa ruine a été bien accélérée par l’armée allemande lors de son repli en 1944, mais c’est une autre histoire et nous allons parler d’autres occupants.

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Nous sommes vraiment en Normandie bien que les points culminants des murailles soient occupés par des nids imposants dignes des paysages alsaciens. En effet, les lieux sont progressivement investis par les cigognes blanches depuis les années 1970.
La magie Baguenaudes sort donc des cigognes de la Manche.

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La cigogne est carnivore et se nourrit de tout ce qui bouge et qui tient dans son bec. Escargots, mulots, poissons etc… Elle peut se servir également de son redoutable bec pour empaler sa proie. Elle trouve en Normandie de nombreuses prairies humides favorables à son alimentation au point que certains individus deviennent sédentaires. Son ramage est particulier puisque la communication s’effectue à l’aide de claquements produits par le long bec. (A-t-il inspiré F.Raynaud et sa célèbre Mademoiselle ?)
Comme son nom l’indique, les plumes la cigogne blanche sont…blanches hormis ses rémiges dont le noir profond renforce la majesté de son vol spectaculaire.

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Comble de l’élégance, certains individus portent des bagues. Grâce à la traçabilité et au travail impressionnant des ornithologues, nous savons que ce mâle est né sur le site de la Colombière situé à 11 kilomètres en 2009 et que depuis 2011 il niche au Château de la Rivière. La longévité est en moyenne une quinzaine d’années.
La cure thermale doit lui plaire, son plumage indiquant qu’il sort du bain.

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Fin janvier, cette cigogne a été observée sur le site alors que les migrations s’effectuent généralement fin février. Faut-il y voir un effet du réchauffement du climat ?

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A vol d’oiseau (expression plus qu’inappropriée quand on songe aux milliers de kilomètres parcourus par les cigognes pour parvenir ici,) sur les rives de la Vire, un vieux bâtiment possède également une cheminée couronnée par un nid occupé par un couple.

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Ce curieux bâtiment n’a pas manqué de titiller ma curiosité et ne manquera pas de provoquer de futures investigations baguenaudesques.

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Lépidoptères

 

Voici pour le plaisir des yeux, quelques photos de Lépidoptères sur un arbre à papillon qui porte bien son nom !
Ces observations ont été faites à Espalion pendant la dernière quinzaine de juillet 2015.

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Miam miam, on se frise les moustaches à l’idée du festin !

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Ce grand voilier est spectaculaire, mais sa belle voilure le rend bien vulnérable.

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Dans la nature, quand on est faible, les moyens de défenses sont limités. Soit on se fait discret, soit on ruse. Le Flambé a opté pour la 2eme solution. Ses deux ocelles colorées sur le bout des ailes font couler beaucoup d’encre en ce qui concerne leurs utilités. Il est souvent admis qu’il s’agit de faux yeux pour effrayer un prédateur ou bien lui faire croire que la tête se trouve là, détournant ainsi les attaques vers des zones non létales.
Et ça marche apparemment, le flambé survit à plusieurs attaques et le fait de ne plus avoir les ocelles plus grosses que le ventre n’entame pas son appétit.

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On le voit ici en train de se sustenter en compagnie d’un Macaon.

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La beauté de ce porte-queue se passe de tout commentaire.

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Ces beaux voiliers ne fréquenteront le restaurant que pour un séjour d’une semaine.. Heureusement, un agité fréquente assidûment mon arbre à papillon: le papillon colibri ou Moro Sphinx.
Adepte du vol stationnaire il se nourrit en plein vol ce qui ne facilite pas la tâche du photographe.

moro sphinx

 

L’énergie employée pour les battements d’ailes est impressionnante: 75 battements à la seconde s’il vous plait, mon appareil photo a du mal à suivre ! La taille réduite de ses ailes n’empêche pas ce migrateur de parcourir de grandes distances (jusqu’à 3000 km.) et sa vivacité affiche une vitesse atteignant les 50 km/h. Tout ça géré par une cervelle minuscule !
La forme de ses antennes le « classe » dans la catégorie des papillons nocturnes bien que son activité soit essentiellement diurne.

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Moro sphinx
La fréquence de ses battements d’ailes demande un besoin énorme d’ énergie qui l’oblige à passer son temps à se nourrir dépensant ainsi les calories ingérées. Plutôt vicieux comme cycle non ? Et on dit que la nature fait bien les choses !

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Son cousin, le Moro Gazé est un peu plus coloré et ses ailes sont en partie transparentes.

Morogazé (2)

Morogazé (1)

 

A la différence du Moro sphinx, pour butiner, il pose ses deux pattes postérieures sur la fleur sans jamais s’y accrocher.

Morogazé (3)

Morogazé (2)

 

Ce n’est pas fini ! Un troisième convive de la famille s’invite à la table. Le Moro Bombiliforme.
Comme son nom l’indique, son corps noir et jaune imite celui du bourdon.

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Tel le gazé, ses ailes sont en grande partie transparentes mais, ses pattes sont plus développées et contrairement à ses cousins bien élevés, il lui arrive de poser les pieds sur la table !

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Allez , pour conclure, je vous propose comme apéro un cardinal 🙂

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Argiope

Les araignées nous effraient souvent, pourtant elles sont bien inoffensives pour les grosses bestioles que nous sommes. Seule une vingtaine d’espèces sur 40 000 sont dangereuses pour l’homme et ne résident pas dans nos contrées. Tout au plus, nous risquons un petit bouton qui gratouille un peu suite à une improbable morsure puisque, l’araignée dépourvue de dard, ne pique pas
Examinons  de plus près ce spécimen installé depuis peu dans mon jardin. Sa taille est respectable et elle arbore une magnifique livrée jaune et noire qui la rend spectaculaire. Ce serait un moyen de défense pour tromper l’ennemi en se faisant passer pour un frelon à moins que ce soit pour la rendre moins visible pour ses futures proies. Bref, on en sait rien.

Voici donc, sous les projecteurs, madame l’ Argiope Frelon ou Argiope Bruennichi.

Comme d’habitude on clique sur les photos pour en profiter en grand.

 

L’envers du décor moins ostentatoire n’affiche pas un mimétisme avec le frelon. Cette belle araignée dispose fréquemment ses pattes en forme de croix de Saint André. Elles sont enduites d’une sorte de cire ce qui lui permet de se promener sur sa toile gluante sans s’emmêler les pinceaux.

 

On peut voir l’insertion des huit pattes sur le céphalothorax. Chaque patte est formée de 7 segments. Petit rappel, les insectes ont 6 pattes donc l’araignée n’en est pas un. Elle fait partie de la classe des arachnides dont elle partage les bancs avec  le scorpion.

L’argiope, malgré ses huit yeux est complètement miro ce qui facilite la prise de photos.

 

 

En plus, elle est sourde comme un pot et n’a pas d’odorat. Il lui reste le goût et le toucher  qui sont pris en charge  à l’aide de ses deux pédipalpes sur le devant de la tête. On les voit ici en train de coincer la bulle!

 

 

Elle tisse une des plus grandes toiles orbiculaire  de nos régions pour capturer ses proies. Le tissage de cette dentelle a la particularité de posséder un motif vertical bien particulier construit en zig zag: le stabilimentum dont on ignore la fonction réelle.

                     

 

Le mâle est beaucoup plus petit. En voici un qui approche avec une idée derrière la tête. 

 

Mal lui en prend car cette idée  le mènera à une mort certaine. En effet la belle a la fâcheuse  habitude d’ingurgiter monsieur quand ses oeufs sont fécondés. Cette fois ci, je ne pense pas que l’accouplement a eu lieu car la scène n’a duré  qu’une petite minute d’agitations fébriles où le mâle a fait plusieurs fois le tour de la femelle.

Mais le résultat est qu’à force d’insister, c’est le dragueur qui s’est retrouvé emballé. Ca va de soie !’

 

L’argiope digère ses proies à l’extérieur de son corps. Une fois la nourriture mise sous cello-frais, elle y injecte des enzymes (gloutons) pour ramollir le beefsteak. Ensuite, elle pompe le boulgi boulga, emballage compris ! Admirez le sourire carnassier de la belle!

 

Ici c’est une petite sauterelle qui a fait office de festin. Il ne reste plus que l’enveloppe. Au passage, on peut distinguer sous les mandibules un crochet à venin (chélicère).

 

Une demie heure plus tard il ne reste pratiquement plus rien..

 

Bon appétit! Il parait que les insectes, riches en protéines, seront la nourriture de demain.

 

L’araignée tisse sa toile par Espacedessciences

Ici, on apprend pourquoi le fil d’araignée intéresse tant scientifiques et industriels.

 

 

 

La toile est, en plus, chargée d’électricité. C’est fort pratique car on a découvert que l’araignée se régalait aussi avec le pollen.
Six mois plus tard, l’hiver passé, j’ai le plaisir d’observer dans le même buisson une minuscule argiope de 3 mm.

Bien, on va s’arrêter là pour ne pas abuser de votre attention.

A bientôt …sur la toile !

Les premiers soleils

 

Dreli-drelin, dans les sous bois, les clochettes tintinnabulent à tout-va pour fêter l’événement: le soleil existe bien, il est revenu !

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Attention, elles peuvent également sonner le glas ! En effet, cette fleur ne manque pas de paradoxe puisque, porteur d’une espérance de bonheur, elle est également un poison violent qui peut être létal.

Donc, on ne boit pas l’eau du vase !
Cette toxicité ne semble pas affecter ce balanin dont les larves à l’automne gâcheront notre plaisir en perçant des petits trous dans les noisettes..

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Cela fait déjà un mois que les premières floraisons de pulmonaires sont visitées par l’inévitable bombyle et l’abeille charpentière. Cette dernière, solitaire au frac noir à reflets bleu, doit son nom au fait qu’elle fore des galeries dans le bois pour y déposer ses œufs.

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Cette méloé doit être dans l’attente du mâle car son abdomen n’est pas encore gonflé par les œufs.

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Pas grand chose à raconter à propos des néphrotones, Laissons ces diptères à leurs ébats romantiques. Malgré la position kamasutresque, ceux-ci peuvent se dérouler en plein vol. Oserais-je écrire qu’ils s’envoient en l’air ? Hélas oui !
Passons… On reconnait la femelle en haut grâce à sa tarière de ponte.

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Au ras du sol aussi, les premières chaleurs profitent à nos petits reptiles qui pointent le nez qu’ils n’ont pas.

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Ici, c’est un joli orvet de taille respectable qui se faufile dans les feuilles mortes. Ses 50 cm me l’ont fait confondre avec une couleuvre. (Merci Christian).

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S’il nous tire la langue, ce n’est pas par incivilité ni pour vous effrayer, mais pour humer « l’air du temps ».
Ces messages chimiques captés par la langue sont ensuite analysés par un organe bien spécial que possèdent les serpents : l’organe de Jacobson.
Situé entre le cerveau et la cavité buccale, il reçoit le message sous forme de phéromones, le traduit et l’envoie au cerveau qui va déterminer s’il s’agit d’une proie ou non. (linternaute).

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C’est bien joli tout ça, mais moi aussi j’ai envie de lézarder au soleil aussi je vais refermer ce mini album photo par un gros lézard vert … qui n’est pas franchement vert…

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… puisqu’on est en présence d’un lézard ocellé. C’est le plus grand lézard d’Europe qui peut facilement dépasser les 50 cm. (Merci Cédric).

Champignons des bois.

 

L’hiver avec ses premières gelées fige la nature . Pas grand-chose à photographier dans les bois humides où la lumière a bien du mal à percer l’épaisse couche nuageuse.

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Pourtant, si on est attentif, quelques taches de couleur viennent parfois égayer la grisaille. Certes, il faut presque une loupe pour observer ces manifestations aux formes souvent surprenantes. On les doit à des organismes dépourvus de chlorophylle. Leurs règne, classe, sous classe, etc. portent des noms à rallonge remplis de h, y, z dont on se moque complètement quand ces organismes  fricassent dans une poêle. Bref, tout ça pour dire  que l’on va tirer le portrait de quelques champignons !
La plupart puisent leur nourriture sur les branches mortes qui jonchent le sol.
Identifier ces champignons est une tâche bien compliquée quand on n’est pas spécialiste aussi, je ferai juste des propositions que vous ne manquerez pas de rectifier en cas d’erreurs.
On va commencer par cette sorte de « salade » gélatineuse d’un joli noir et vêtue de givre.
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J’ai d’abord cru être en présence d’une oreille de Judas, mais les boursouflures qui l’accompagnent m’orientent plutôt vers une exidia. Est-elle plane, tronquée ou glanduleuse ? Je ne sais pas trop et de toute façon, cette salade ne prendra pas le chemin de mon assiette.

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Continuons avec ces curieux rameaux qui ne sont pas sans évoquer des bois de cerf. Je crois pouvoir affirmer que nous sommes en présence de xylaire. Sa valeur gustative est nulle, par contre, placée sur une case triple au scrabble, elle assure un avantage certain.

Xylaire du bois

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Xylaire du bois 3

 

Parmi le camaïeu ocre du parterre hivernal, cette petite géode contraste avec sa bouille rubiconde. Vraisemblablement c’est une pezize écarlate. Elle est comestible, mais  ses valeurs gustatives sont très limités parait-il. L’originalité de sa forme est parfois utilisée pour la décoration de plats.

Pezize coccinée

 

Enchaînons avec une autre pezize dont la belle couleur verte est peu fréquente parmi les champignons. Nommée pezize turquoise, elle est de petite taille, son chapeau en coupelle n’excédant pas le cm. pour diamètre. Son mycélium peut également colorer le bois d’un joli vert pour le bonheur des amateurs de marqueterie.

Peziize turquoise

 

De plus en plus petit ! Si vous devez recevoir une palanquée de convives, vous aurez du mal pour assouvir leur appétit avec le marasme des feuilles. Sur la pointe des pieds, il ne doit pas dépasser les 3 mm. sous la toise. En voici quelques-uns qui colonisent une feuille de chêne.

 

Ces autres taches blanches trouvées sur une brindille sont un peu plus grandes. Je tenterai de qualifier ces ombrelles japonisantes de marasme des rameaux. Les marasmes forment une famille comportant une trentaine d’espèces dont certaines sont comestibles. Mais bon,question marasme en ce moment, on craint l’indigestion !


 

Nous avons vu du noir, du blanc, du vert, du rouge, manque le jaune pour être complet. Complétons notre quête coloriste avec la trémelle mésentérique. Rappelons que le mésentère est une partie de l’intestin grêle (fraise) dont notre champignon évoque la forme. L’imagination populaire est tout aussi féconde puisque ce champignon est communément nommé beurre de sorcière. A tartiner sur un pain de la même dame.

 

On termine par un flocon de duvet qui capture l’humidité ambiante dans ses filaments.

duvet
Comme disait Colette qui s’y connaissait en duvet humide:
Un duvet blanc, à peine visible d’ordinaire, s’emperlait, autour de la bouche, d’une rosée d’émotion.

Voir également: Le corail de Fontainebleau.

 

Cercope

Ce jour-là, la voûte céleste affichait un azur éclatant  et le Râ d’icelle, quitte à prendre racine, nous incitait à lorgner par le petit bout le monde qui s’agite sous notre nez.

Si, telle la blanche colombe, vous n’êtes point atteints par la bave du crapaud, peut être serez-vous touchés par le crachat du coucou !

Connaissez vous le cercope ?

Cercope

 

Ce petit insecte nippé comme un roman de Stendhal, affichant dix mm. à tout casser sous la toise, est très courant au grand dam des jardiniers. Suceur de sève, sa mauvaise réputation vient du fait qu’il est accusé d’affaiblir la croissance des fleurs et de provoquer des taches brunes sur les feuilles.

Et puis aussi, quelle idée de cracher sur les plantes !

Cercope

 

Et oui, les larves de cette petite punaise sont responsables de cette écume printanière épinglée sur les tiges des plantes communément baptisée crachat de coucous. Ces pseudos expectorations font leurs apparitions au printemps à peu près au moment où, dans les bois, retentissent les ramages malicieux du coucou. Il n’en fallait pas plus pour que l’’imagination populaire associe ces deux manifestations.

Cette écume est en réalité une sorte de cocon fabriqué par les sécrétions de la larve du cercope. Les bulles d’air forment un bon régulateur thermique qui n’est pas sans rappeler les propriétés du plastique à bulles. Elles maintiennent un taux d’hydrométrie qui empêche le dessèchement de la larve. La constitution de ce cocon est certes très fragile, mais l’âcreté de son goût est suffisamment dissuasive pour les prédateurs.

Si on observe ce cocon, on peut voir apparaître régulièrement un petit point verdâtre à sa surface. Il s’agit de la larve qui pointe le nez pour respirer à moins que ce soit son anus. Cette mousse protectrice est fabriquée  en brassant les déjections avec de l’air.

Cercope

 

Gros plan sur  la larve et franchement, il n’y a pas de quoi se faire mousser !

Cercope

Cercope

 

L’adulte acquiert les protéines en ingérant la sève des plantes. Celle-ci étant riche en sucre, l’excédent est excrété sous forme de miellat.

Cercope

Cercope

Cercope

Il m’aura fallu rater 1 million de photos pour capturer cette goutte de miellat en plein vol !

 

À la longue, ces égouttures sucrées deviennent conséquentes et peuvent favoriser la formation de moisissures (fumagine) responsables de tavelures sur les feuilles.

Cercope

Cercope

Cercope

 

Les éventuels dégâts causés par ce petit insecte proche de la cigale sont bénins et ne mettent pas en péril la plante qui les héberge. Ne crachons donc pas au bassinet en achats de produits chimiques, un simple coup de jet d’eau suffit à se débarrasser de ces crachats de coucou.

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