Clochers rouergats

 

De clochers en clochers, continuons notre périple autour d’Espalion.
Cloches et clochers n’ont pas toujours été associés. En effet, les cloches employées pour convoquer les fidèles dès le VIIIe étaient trop petites pour justifier l’édification d’une tour importante.

Néanmoins, des tours de grande taille furent érigées au dessus de la porte des églises bien avant la fonte des grosses cloches. ( Celles-ci firent leur apparition à partir du XIIe. ) On peut penser que ces tours servaient de signe de ralliement et de repère. L’orgueil aidant, les villages se mirent à jouer à savoir qui aura la plus grosse.
( Érection architecturale en guise de démonstration de puissance.)

A cela , il faut ajouter que les invasions barbares à cette époque s’en donnaient à cœur joie. Du coup, les églises se sont protégées en érigeant des tours accolées à la nef qui permettaient de distinguer si l’herbe qui verdoie n’était pas foulée par des socques mal intentionnées. ( Nous visiterons peut être quelques églises fortifiées plus tard. )
Clochers aveyron (1)

 

C’est ainsi qu’au fil du temps, le savoir-faire des fondeurs augmentant, ces tours ont tout naturellement accueilli des cloches de plus en plus imposantes.
Pour résumer, je dirais donc que chronologiquement, le clocher a précédé la cloche.

Bien, revenons à nos moutons qui sont, je le rappelle, les contrepoids situés au-dessus de la cloche.
Voici une vue du mouton surmontant une des cloches de l’église de Lassouts.
Clochers aveyron (8)
Article détaillé sur ces cloches

 

Cette église n’a conservé de sa période romane qu’un tympan et nous ne restons pas sourds à l’appel de sa beauté.
Clochers aveyron (7)Dans le haut du clocher, une belle pièce d’horlogerie nous attend, mais pas de précipitations, tout se mérite.

Petit encart culturohistoricobarbant:

Les cloches sonnaient pour appeler les fidèles à la prière.
• matines
• prime (lever du soleil)
• tierce
• sexte (6ième heure, c’est-à-dire midi)
• none
• vêpres (coucher du soleil),
• complies
• vigile
C’est tout naturellement que l’organisation sociale du temps s’est calquée sur cette découpe temporelle.
Probablement au cours du XIIe les premières horloges en partie mécaniques font leur apparition. Mues généralement par l’eau, (clepsydre) elles actionnaient une petite cloche et prévenaient ainsi frère Jacques qu’ il est temps d’aller sonner les mâtines .
Accrochez vous maintenant .
Au moyen âge, le temps est divisé en 12 pour la journée de lumière et en 12 pour la nuit. Donc, en fonction des saisons les 12ème n’avaient pas la même durée. (Heures Temporelles).
Cela ne posait pas de problème jusqu’à l’apparition des horloges entièrement mécaniques .
Parallèlement le XVe, voit la généralisation des cadrans solaires qui permettent de se caler sur le midi.

Clochers aveyron (4)
A la longue, on devient raisonnable, pour éviter les difficiles réglages jour/nuit , le temps entre deux midis solaires fut divisé en 24 heures égales. Plus fastoche pour les horlogers.
Pas de bol, les horloges deviennent de plus en plus précises, or, la durée entre les deux midis varie de +/- 15 minutes suivant les saisons. (Faute à la terre qui , on le sait bien , ne tourne pas rond ).
Qu’à cela ne tienne, au XVIIIe on finit par adapter un Temps Solaire Moyen. Ouf ! Dirent les horlogers.
Oui mais le train fait son apparition. Et alors ? Et bien jusque là, les horloges étaient calées sur le midi du cadran solaire. Il existait donc un décalage d’environ une heure entre Brest et Strasbourg. Qui dit train, dit l’affichage d’horaires. Reprise de tête!
Les compagnies ferroviaires affichaient les horaires en fonction de l’heure locale du siège de la compagnie et qui était donc différente de l’heure locale des gares. Certaines horloges affichaient les deux heures.Vous suivez ? Bon, je continue.
Assez ri ! En 1891, l’heure de Paris devient la référence nationale pour mettre tout le monde d’accord.
C’est fini ? Non ! En 1911, la France s’aligne sur le méridien international de Greenwich.
Dernier épisode, 1917-1945 instauration de l’heure d’été/hiver reprise en 1976 histoire de compliquer ce qui avait été simplifié.
C’est bon? Je vous ai assez fait perdre de votre temps.

 

Tout ça pour dire que dans le clocher de l’église de Lassouts, j’ai la chance de découvrir dans une sorte de guérite une magnifique horloge dite d’édifice.
On doit cette belle pièce aux établissements Pager et Cie. Espérons qu’elle ne subira pas des affres du temps après l’avoir tant égrené.horloge Pages
Clochers aveyron (10)
Le décor floral  typique des Ets. Pagès sur le balancier. (PF = Pagès Francis).
Clochers aveyron (9)

 

Complètement abandonné dans un coin des combles se trouve ce restant de mécanisme d’horloge à cage, à moins qu’il ne s’agisse d’un piège à souris très sophistiqué !

Clochers aveyron (11)

 

Autre lieu, autre découverte. Le clocher de Sébrazac possède lui aussi une belle horloge reléguée dans la soupente.
Clochers aveyron (5)
Clochers aveyron (6)
Je n’ai  pas trouvé trace de l’horloger Belmon mais Tchorky, en bon fouineur compétant, a déniché Belmon Antoine, horloger à Laguiole.

belmon
Au passage, jetons un œil sur une des quatre cloches de l’église. Celle-ci fit fondue par les établissements Triadou à Rodez.
Clochers aveyron (12)

 

Bouclons ce parcours qui ne s’est pas déroulé à cloche-pied avec un retour à Coubisou où nous retrouvons notre belle horloge. Je pense qu’il s’agit d’un système à cage datant à peu près de la fin 18e.

Clochers aveyron (3)
Clochers aveyron (2)

 

J’ai toujours un peu de mal à finir mes articles, aussi, comme y’a pas le feu au lac, vous avez droit à un court extrait:
Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
Et toc !
Sans aucune vergogne, j’ai tout pompé sur ces 3 sites où vous pourrez étancher votre soif de savoir:
Horloge d’édifice
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Clocher
Tchorski
A bientôt pour d’autres découvertes.

 

Eglise de Vinnac

 

Continuons nos errances Nord Aveyronnaises:Partant de Coubisou, il n’est nul besoin de parcourir une grande distance pour trouver d’autres églises romanes. A tire d’ailes de choucas, nous arrivons à Vinnac, pâté de maisons au mileu des vignes où se cache une belle église surmontée d’un clocher-peigne.

vinnac (2)

 

Il faut lever le nez pour avoir un aperçu de ses richesses.

vinnac (3)

 

Tournée vers la vallée du Lot, la façade Sud, possède une rangée de corbeaux remarquables. Comme bien souvent, l’imaginaire et l’habileté des sculpteurs de modillons sont remarquables.

vinnac (4)

vinnac (5)

 

On ne sait pas trop quelles étaient leurs motivations pour parer ainsi des monuments religieux de figures grotesques, voire polissonnes, en tous cas, cela montre une ouverture d’esprit qui semble disparue.

m6_mante_r17

 

Il n’est pas rare de rencontrer cette sirène bicaudale en position impudique comme ici sur un chapiteau de l’église de Bessuéjouls.m6_mante_r20Ou bien à la chapelle des pénitents à Saint Côme située à quelques kilomètres.m6_mante_r23

 

La modernité des représentations est confondante. A droite, ne dirait-on pas un oiseau échappé des planches de Mœbius?

vinnac (7)

vinnac (8)

Pour voyager dans le temps, ce simurgh fera un excellent moyen de locomotion.

 

L’église est fermée, mais la chance est de notre côté car une charmante personne accepte de nous procurer le précieux sésame sous la forme d’une clé impressionnante.

vinnac (9)

 

L’intérieur est assez classique avec son chœur roman et son agrandissement gothique datant du XIVe.

vinnac

vinnac (10)

 

Dans une des petites chapelles latérales on peut observer un bel harmonium de la maison Rodolphe.

vinnac (11)

 

La bonne surprise vient du balcon situé au fond de la nef. Une petite porte ouvre sur la sous-pente où un escalier en bois branlant donne accès aux cloches.

vinnac (12)

 

La vue sur la campagne environnante est splendide.

vinnac (13)

 

vinnac (14)

 

 

 

Nous vous présentons la cloche Jeanne Joséphine Sylvie…

vinnac (15)

et sa dédicace.

J’ai été refondue l’ an 1953
Grace à la générosité des parisiens
Et des paroissiens de Vinnac
S.Exc Mgr Marcel Marie Dubois étant évêque de Rodez
L’abbé Leonard, curé
J’ai eu pour parrain Emile Baldit
Et pour marraine Sylvie Burguière épouse Alazard

 

Reprenons notre monture ailée et continuons notre périple par Cabrespine. Les anges sont décidément de notre côté car l’église est exceptionnellement ouverte.

Si à nos yeux profanes, la nef n’offre pas d’intérêt particulier, là aussi une porte dans l’angle du balcon réserve une bonne surprise.
L’huis s’ouvre, accompagné d’un grincement de circonstance, et nous découvrons un magnifique escalier étroit en colimaçon.

cabrespine (2)

 

Lors de son ascension, on passe devant une niche abritant le passage des cordes qui actionnent les battant des cloches.

cabrespine (3)

 

L’arrivée au sommet est magnifique !

Nous ne sommes pas à Pâques aussi elles sont bien toutes présentes. Quatre cloches, quelque peu conchiées par les cousins de notre monture, occupent le clocher-peigne.

cabrespine

 

Celle-ci a la particularité d’avoir une dédicace à l’orthographe un peu fantaisiste. Le fait n’est pas rare. L’illettrisme était répandu à l’époque et pour ne rien arranger, les lettres étaient placées « en miroir » sur la matrice lors de la fabrication du moule.

cabrespine (4)

FONDEE RPA LES SIEURS TRIADOU A RODEZ EN 1849
SAINTE MARIE PRIYE POUR NOUS

 

Ravis par le cachet si particulier de ces petits  villages du Nord Aveyron nous continuerons d’explorer cette région pour le plaisir des yeux…et de la table !

cabrespine (5)

Eglise de Coubisou

 

Proches de la vallée du Lot, des petits villages sont disséminés sur les contreforts Sud des monts d’Aubrac. Aujourd’hui, nous allons traîner nos guêtres à Coubisou,  petit village proche d’Espalion. Flâner parmi les ruelles pentues du bourg permet de découvrir de beaux corps de bâtiments dont certains datent du XVIIe.

coubisou

 

Le clocher de l’église, par sa dimension impressionnante, écrase quelque peu  ce hameau. Sa taille peut étonner, mais dans un temps passé, la campagne était exploitée dans ses moindres recoins notamment pour la production de vin. La qualité très aléatoire de celui-ci ainsi que les ravages du phylloxéra ont entraîne l’abandon progressif des vendanges. A cela, il faut ajouter une configuration des terrains rendant difficile  l’exploitation  mécanisée. Tout ceci a pour corollaire une baisse très sensible de la population. De près de 3000 habitants en 1830 elle est maintenant de 500 personnes en 2012. Nonobstant ces difficultés, le bon vin coule de nouveau à Coubisou qui accueille la Maison de la vigne du vin et des paysages d’Estaing.

coubisou

 

Les emplacements nivelés étant rares, l’église est nichée sur une petite terrasse au cœur du village. L’aménagement de la route qui la cerne à moitié a fragilisé les fondations.

coubisou

 

Quand on pénètre dans l’édifice, on est surpris par les proportions. Le chœur roman (XIe, XIIe), en cul de four, est de belle dimension puisqu’il occupe la moitié de la surface de l’édifice. Trois fenêtres diffusent une belle lumière assez rare dans les chapelles romanes.

coubisou

Par contre la nef est réduite à la plus simple expression. A la fin du moyen-âge une nef gothique fut projetée mais le projet resta inachevé. Au XVIIIe la nef a été réduite et ne subsistent que 2 chapelles latérales d’où l’impression de disproportion des lieux. La décoration est très sobre, mais on y trouve quand même une belle sculpture polychrome du XVIe.

coubisou

 

Revenons au clocher dont la taille donne une idée du projet grandiose. Par chance, nous avons pu accéder par un petit escalier en bois à la pièce où se trouvent trois cloches.

coubisou

 

Les jougs (ou moutons) qui servent de contrepoids pour le balancement des cloches.

coubisou

 

On peut admirer l’ancien système d’horlogerie. Ménagé dans l’épaisseur du mur, un petit puits accueille les contre-poids en pierre suspendus par un câble .

coubisou

 

Un échafaudage de grosses poutres supporte les cloches. Je suppose qu’il a également pour fonction d’absorber une partie des vibrations pour soulager la maçonnerie. On aperçoit un contrepoids en pierre du système d’horlogerie.

coubisou

 

La plus grosse cloche est de taille respectable.

coubisou

 

La pince porte deux ébréchures dues à l’impact du battant. Maintenant, un marteau actionné électriquement remplace l’ancien système.

coubisou

 

coubisou

Dédicace :
FONDUE EN 1884 J’AI ETE REFONDUE EN 1913
MA MARRAINE A ETE MME EMILY DEVIC
MON PARRAIN MR L’ABBEE P CONQUET
LES FABRICIENS MRS ALAUX FCOIS ALAUX JPh
BELIERES BURGUIERE NAYROLLES
CURE MR L ABBE JB COUTON
FONDERIE POURCEL VILLEFRANCHE D’AVEYRON

coubisou

 

Au dessus des cloches, la charpente du toit est un bel agencement. La toiture, avec ses lauzes maintenues par des chevilles en bois, supporte à l’extérieur une autre petite cloche.

coubisou

concrétion

 

Chapeautant le chœur, la structure de la charpente en demi cercle est magnifique.

coubisou

 

coubisou

Tous ces recoins sont une aubaine pour les choucas qui conchient allègrement les lieux. Tout ce qui tombe du ciel n’ est-il pas béni ? (dixit Toto).

coubisou

 

Ressortons pour profiter des premiers rayons du soleil qui dissipent les rets de la brume matinale. C’est le moment d’aller se taper la cloche en allant déguster un  de ces tripous qui font la renommée de Coubisou !

coubisou

 

 

Pierres sèches et encorbellements.

Essayons de ne pas trop penser à la rentrée et découvrir comment les Cévenols ont pratiqué le Lego.S’abriter sur les Causses n’est pas chose facile Pour se protéger des rigueurs du climat, depuis toujours, les habitants ont été confrontés au manque de bois pour construire leurs abris. Heureusement, la nature karstique du terrain est riche en surplombs. Ces baumes avec leur toit naturel qu’un mur en pierres sèches suffit à isoler forment des espaces habitables facilement aménageables pour peu  que l’on ne soit pas trop exigeant pour le confort.

 

Des constructions imposantes ont été ainsi érigées comme ce château à trois étages qui domine le Tarn.

 

L’accès demande quelques efforts, mais, la vue est imprenable !

 

Pour s’abriter sur le plateau, le problème est différent car, là, brunis par le soleil, ce ne sont que vastes étendues avares en possibilités de protections naturelles. Par contre, les pierres ne manquent pas. Les caussenards sont passés maitres dans l’édification d’abris en pierres sèches et ont compensé l’absence de charpente en utilisant les voutes construites en encorbellement. Encorbellement pour encore bêlements oserait mon ami berger ! Suivant les régions, ces abris se nomment capitelles ou jasses et voisinent avec les clapas. (Amoncellement des pierres retirées des champs). .

 

Nombre de ces capitelles petit à petit disparaissent, écroulées par la végétation. Une prise de conscience semble naître et des rénovations voient le jour.

 

Les édifices plus élaborés sont bâtis suivant le même principe. La chapelle de Balmes, perdue au milieu du plateau en est un bon exemple.

 

Le narthex avec sa croisée d’ogive supporte le clocher sans faiblir.

 

La présence de la croisée d’ogive semble évoquer une construction plus récente que celle de la nef qui a perdu sa toiture.

 

Nous empruntons un escalier en colimaçon.

 

Arrivés sous le toit, nous voyons nettement la voute en encorbellement. La petite niche servait sans doute à l’implantation de la seule pièce en bois : la poutre supportant la (les) cloche(s).

 

La toiture d’un bâtiment adjacent est de forme concave. L’eau sur les causses est encore plus rare que le bois, nous sommes en présence d’un toit-citerne chargé de drainer l’eau vers un réservoir, preuve de l’ingéniosité des Caussenards.

 

Les architectes cévenols se sont parfaitement adaptés à leur environnement pour nous laisser des constructions magnifiques qui ne sont pas sans offrir un certain mimétisme avec le paysage.

Roman X

Voici un titre bien accrocheur pour attirer le pèlerin !

Ne rêvez pas , le sujet ne sera pas croustillant bien au contraire car ce X aguicheur symbolise le Xe siècle et nous allons parler un peu d’art Roman.
Bon, avec ce préambule je viens de perdre 90% des lecteurs mais, tenace, je persiste pour une foi(s) dans le culturel.

On peut cliquer sur les images pour en profiter en grand mais il faut demander l'autorisation pour en faire usage , merci.

Le Rouergue fort pourvu en édifices religieux est traversé par la Via Piodensis. Rappelons que si le pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle a débuté au IXe siècle ce n'est qu'en 1987 que le Conseil de l'Europe a "officialisé" de manière arbitraire le tracé de ces chemins. L'intérêt économique est non négligeable car de nombreuses structures sont désormais en place. (Hébergement, transport de bagages, restauration* etc.)
*P.Dac préconise les oeufs mollets pour les marcheurs.

L'itinéraire Du Puy en Velay à Saint Jacques (GR65) rencontre un grand succès.
Pratiquement toute l’année, on croise toutes sortes de randonneurs. Des mystiques à l’air béat, des sportifs qui serrent les dents, d'autres qui mélangent les genres avec une petite plume dans les cheveux, ce sont les athlètes dévots à la fine aigrette. (Que Dieu me pardonne !).
Bref, plusieurs milliers de pèlerins habillés Quecha ballottent leur coquille tout en parsemant leur parcours de cailloux entassés au pied de chaque croix rencontrée. Souvent, de petits mots porteurs de prières ou des objets divers accompagnent ces cairns.

concrétion

 

Hélas, du fait de la fréquentation, d’autres cairns malodorants eux aussi accompagnés de papiers jalonnent ce chemin.

Bien, fermons cette parenthèse qui n'a pas été ouverte, et revenons à un peu plus de poésie comme disait Alfred:

concrétion

 

        C'était, dans la nuit brune,

Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

(en entier) 

 

Je vais donc vous présenter le clocher de Saint Pierre de Bessuéjouls et passer du IXe au XIe siècle en laissant le X de coté.
L'église de ce village au pied des monts d'Aubrac est très fréquentée par les pèlerins.

concrétion

 

Au premier coup d’œil elle n’a pas une bien grande allure, mais son clocher du XIe siècle présente une particularité que l’on visitera un peu plus loin. Le reste de l'église date du XVIe et ne présente pas d'intérêt architectural particulier.
Concentrons-nous sur le clocher.
Erigé en pierre de grès rose, son aspect extérieur est austère et sa façade Sud possède des traces de modifications. Le seul décor est une arcature à 5 arcs dont celui central est trilobé. On peut y voir une influence maure.
Sous l'avancée du toit on découvre une belle série de modillons. Les deux avant-corps épaulant le clocher abritent des escaliers et, à l'étage, les collatéraux de la chapelle Saint- Michel.

      Coté Nord

concrétion

Coté Sud

concrétion

 

Sur la façade Sud, la voûte du porche du clocher a été murée, ce qui a permis de récupérer de l’espace à l’intérieur de l’église

concrétion      concrétion

 

 

La grande particularité de ce clocher tient dans un petit trésor de l'art roman:
Deux escaliers étroits mènent à une chapelle aérienne de 6 mètres de coté qui contient de magnifiques sculptures.

concrétion

 

Un motif est très présent sous la forme géométrique d’entrelacs. Ce type de décor est caractéristique de l’art carolingien et il est étonnant de le voir côtoyer des ornementations de style roman.
C'est une particularité supplémentaire de cette chapelle consacrée à Saint Michel.
On peut consulter un article ici où , pages 395-396, il est question de ce clocher et des entrelacs.

 

L’autel possède une arcature avec l’élément central trilobé comme sur le décor extérieur du clocher.

concrétion

 

Les collatéraux sont séparés de la salle par des arcades soutenues par des colonnes aux chapiteaux richement décorés.

concrétion

 

Je suppose que ce genre de chapelle suspendue doit être assez rare. J'ai même entendu que ce clocher serait à l'origine un minaret ! (Si un lecteur a des infos, je suis preneur.)

 

Avant de reprendre votre bâton de pèlerin en carbone, vous pouvez continuer la visite en cliquant sur l'image suivante:

 

clic1

Bonne route et n'oubliez pas de refermer les clôtures en visitant la région