Saint Martin le seul

 

Connaissant mon appétence pour les choses insolites, un collègue m’a proposé d’aller visiter les combles d’une petite église proche de Pithiviers.
Située à quelques lieues de Bondaroy (45) la petite église de Saint Martin le Seul a priori ne paie pas de mine. Son petit clocher peine à donner de la prestance à cet ensemble trapu dont les murs, flétris par les affres de la vieillesse, peinent à soutenir la toiture. L’œil averti relèvera quand même la rareté de la couverture dite « en bâtière » qui abrite l’abside.

 

Les fondations de l’aïeule, pendant plus d’un millier d’années furent témoins d’une saga pas banale dont l’origine puise ses racines… en Turquie.
L’histoire, enluminée de quelques légendes, nous apprend qu’au temps de Robert le Pieu (Xéme), un certain Grégoire, ascète puis Archevêque de Nicopolis en Arménie, craignant que sa renommée ne lui « enflasse le cœur et corrompisse son humilité » décide de partir en pèlerinage. Sa pérégrination vers l’Ouest le conduisit sur les lieux de la petite église de Saint Martin le Seul où il s’installa en ermite avec la bénédiction de la souveraine des lieux. (Héloïse de Pithiviers). A cette époque, les liens entre l’église arménienne et le siège de Rome étaient très étroits. Sa réputation de sainteté ne tarda pas à s’étendre et son hagiographie décrit de nombreux miracles et prodiges qui lui sont attribués. Redistribuant aux indigents les dons qui affluaient, il offrait une sorte de gâteau à base de miel qui serait à l’origine du pain d’épice de Pithiviers.
Après la mort de Grégoire, la renommée de l’ermite est telle que la « vox populi » lui attribua rapidement le statut de Saint, popularité qui perdura à tel point que le lieu-dit se nomme toujours St Grégoire sur le cadastre actuel.
L’église fait l’objet d’un accord entre les cultes catholique et orthodoxe. La commune et le diocèse autorise l’utilisation du bâtiment à la manière des églises orthodoxes.
De nos jours, à l’entrée, la cloche tintinnabule fréquemment afin que vienne s’ouvrir la porte aux nombreux visiteurs arméniens et autres.

 

Les lieux sont entretenus avec dévouement et enthousiasme par sœur Anne, personnage à la forte personnalité, qui œuvre pour récolter des fonds pour restaurer ou du moins conserver l’intégrité du bâtiment. Parallèlement à la vente de friandises et bougies, elle a créé un original musée d’œufs décorés (Pissanka). En effet, la Pâque orthodoxe est une fête chrétienne, qui se rapporte à la résurrection du Christ. Traditionnellement, c’est l’occasion de teindre en rouge et décorer des œufs qui feront office de porte bonheur. Coïncidence amusante (ou divine), l’église est située sur le plateau qui surplombe la vallée de… l’Œuf, affluant de l’Essonne.
La collection exposée est impressionnante tant par la diversité des décors que par les provenances et matières et ajoute un intérêt certain à la visite de l’église.


 

L’apparence de l’église ne présente pas d’originalités spectaculaires, mais on remarque rapidement qu’elle fut l’objet de transformations importantes, notamment avec le décrochement de la voûte de la nef.

 

Le chœur est précédé d’un arc triomphal en anse de panier de style pré-roman caractérisé par l’absence de clé de voûte.


Comme bien souvent, la courbure surbaissée de l’arc est due à l’écartement des impostes, conséquence vraisemblable de la suppression des absidioles qui faisaient également office de contrefort.

 

L’abside se présente sous la forme d’un quart de sphère (dit en cul de four). Orientée vers le Sud-Est, elle est éclairée par trois petites fenêtres.


Les arcatures aveugles des cotés latéraux de l’abside devaient communiquer avec les absidioles aujourd’hui disparues.

 

Le chevet est percé d’une porte donnant sur une fosse accessible par quelques marches. C’est dans ce caveau que fut inhumée la dépouille de Grégoire († aux environ de l’an 1000).
Devant l’affluence provoquée par la renommée de l’ermite, la dépouille fut rapidement transférée à l’église de Saint-Salomon de Pithiviers qui se partage actuellement les reliques avec l’église d’Estouy.


 

La nef est surmontée d’une voûte en lambris surmontant des entraits du XVème siècle. Ces boiseries mériteraient, ainsi que les murs, d’être débarrassée d’une couche de peinture aux effets décoratifs de mauvais aloi qui ne met pas en valeur les poutres chanfreinées.

 

Sœur Anne s’efforce d’agrémenter l’austérité de l’édifice à l’aide de nombreuses icônes traditionnelles orthodoxes.

 

Accolée au bâtiment, une tour abritant un escalier en bois datant vraisemblablement du XV ème permet d’atteindre les combles.
C’est bien connu, le chemin menant au ciel est truffé d’embûches et chaque degré doit être franchi avec beaucoup de circonspections !

 

La partie la plus praticable des combles est située au dessus de la travée précédant le chœur. Cette soupente a été aménagée lors de l’érection d’un petit beffroi. Se faufiler parmi ces vieilles charpentes est toujours aussi émouvant. C’était le but principal de ma visite et je n’ai pas été déçu par l’ambiance qui se dégage de l’enchevêtrement des poutres.

 

Une échelle mène à la flèche abritant une petite cloche.


L’état délabré des barreaux nous a dissuadés de tenter l’ascension! On peut quand même entrevoir l’enrayure de la base de la flèche.

 

Un trou d’homme ménagé dans le mur donne l’accès à l’extrados de la voûte qui couvre le chœur.


Des vestiges d’arcature englobés dans la maçonnerie ajoutent des interrogations relatives à la chronologie des transformations du bâtiment.

 

A l’opposé de la soupente (Nord-Ouest), une petite escalade dans les poutres permet d’entrevoir la charpente qui soutient le lambris de la nef.

 

Au long de la cloison, un curieux élément de charpente en arc de cercle évoque la possibilité de présence d’ anciennes galeries latérales dans la nef.
Malgré l’apparente simplicité de l’architecture, les différentes modifications (dès le XI ème siècle) ont transformé l’église au fil du temps. Tenter d’interpréter les indices fait partie d’un jeu d’enquête passionnant, mais aux nombreuses incertitudes.


Proposition de l’abbé Moufflet évoquant de possibles tribunes d’avant-chœur destinées aux chorales. « Chorus psalentium ».

 

Bon, il faut bien abandonner le terrain aux araignées et descendre en se faisant le plus léger possible.

Manifestement, la dernière personne à avoir emprunté l’escalier n’a pas rendu toutes les marches !

 

Je l’ai évoqué, l’église présente des signes de faiblesse inquiétants.


A l’extérieur, les défaillances de la couverture sont bien visibles. Si rien n’est fait, les prochaines manifestations intempestives de la météo vont rapidement profiter de ces faiblesses et provoquer d’importants dégâts.


 

Une course contre la montre est engagée pour sauvegarder cet édifice plus que millénaire. La municipalité de Bondaroy inscrit son intention de sauvegarde à l’opération lancée mutuellement par Sœur Anne, l’association Connaissance et Sauvegarde du Patrimoine et la Fédération Archéologique du Loiret.

 

L’essaim de la voisine

 

En sortant dans le jardin, je suis accueilli par un vrombissement intense. Levant les yeux, je constate qu’une nuée d’abeilles tourbillonnent autour de la cheminée. Je ne suis pas surpris, le phénomène s’est déjà produit l’année dernière et confirme la présence vraisemblable d’ une ruche établie dans un des chenaux inutilisé.
Nous sommes au printemps et la reine-mère quitte la ruche, laissant la place à une jeunette. La vieille monarque emporte avec elle la moitié de sa cour pour aller fonder une autre colonie où elle sera rapidement évincée par une régente plus jeune. Le ballet de ces hyménoptères que l’on sait menacés est impressionnant. Au bout de plusieurs minutes, les abeilles se rassemblent chez la voisine.


 

Elles s’agglutinent autour de la reine pour former un essaim. De ce dernier, les éclaireuses sont programmées pour partir quérir un endroit favorable à l’implantation de la nouvelle ruche.

 

Cette peine sera épargnée, un apiculteur prévenu vient récupérer l’essaim avant qu’il n’aille gîter ailleurs. Gorgées de miel, les abeilles ne sont pas agressives et on peut les approcher de près avec quelques précautions. Un peu de fumée déclenchera une attitude défensive qui consiste à entourer la reine pour la protéger. Au cours de la séance photo, plusieurs abeilles se sont posées sur moi et il a suffi que je m’éloigne de quelques mètres pour qu’elles rejoignent tranquillement l’essaim, poussées par l‘instinct grégaire.

 

L’apiculteur dirige délicatement les abeilles dans la ruchette contenant quelques cadres munis de cire.


Une fois que la reine dans la boite, les autres abeilles la rejoignent et la nouvelle colonie va pouvoir se développer.


Quand on connait les graves menaces qui planent sur la survie des abeilles, le spectacle offert par dame nature est assez émouvant et mérite bien quelques photos.

Godin

Jean Baptiste André Godin (1817-1888). Qui n’a pas, au moins une fois,  réchauffé ses mains  au-dessus d’un de ses fameux poêles ?

 

Si la renommée industrielle de Godin est notoire, on connait moins son engagement social et la mise en application de théories sociétales qui résonnent de manière particulière par les temps qui courent.

 
Fils d’artisan et autodidacte, Godin travaille dans l’atelier de serrurerie paternel dès l’âge onze ans.
Parallèlement il s’instruit en prenant des cours du soir et en lisant beaucoup.
A 17 ans, il part faire son Tour de France des compagnons du devoir. Au cours de ce périple, il se rend compte de la grande misère matérielle et morale qui règne parmi la classe ouvrière (Nous sommes à l’époque de Zola et Victor Hugo).
A son retour, il travaille dans un atelier de fonderie et dépose son premier brevet qui consiste à remplacer la tôle par de la fonte pour la fabrication des calorifères et cuisinières. Idée de génie et succès immédiat, Godin crée son entreprise en 1846 à Guise. Grace à son innovation, il fait rapidement fortune.

 

Godin adhère aux idées révolutionnaires de 1848 et s’inspire du mouvement social théorisé par Charles Fourier (le Phalanstère). Il n’hésite pas alors à engager 1/3 de sa fortune pour financer un projet utopiste au Texas.
Devant l’échec de ce dernier, il décide de mettre seul ses théories en pratique à Guise avec la création du Familistère.
Il transforme son entreprise en coopérative de production, les bénéfices finançant écoles, caisses de secours, etc. Le reliquat est ensuite distribué entre les ouvriers, proportionnellement au travail fourni pendant l’année. Les bénéfices sont distribués sous forme d’actions de la Société : les ouvriers deviennent ainsi propriétaires de l’entreprise
Il tente d’instaurer un système d’autogestion dans son entreprise au travers de commissions d’administration élues. Il est remarquable pour l’époque que les femmes avaient le droit de vote.
Mal compris des ouvriers, ce système sera remplacé par l’Association du Familistère de Guise.
Les membres élus de l’Association appartiennent à des catégories sociales distinctes et hiérarchisées: des associés, des sociétaires, des participants et des intéressés.

 

Godin est également très soucieux d’améliorer les conditions des employés.
Tous les acteurs de l’entreprise ont accès aux mêmes avantages quelle que soit leur situation dans l’entreprise.
Réduction du temps de travail qui passe de douze à dix heures et les salaires sont jusqu’à 25% plus élevés que dans les autres entreprises. Travailler moins pour gagner plus en somme !
Une grande place est accordée à l’éducation, socle de son engagement social avec la création de deux salles de classe mixtes. C’est lui-même qui dessine les pupitres d’école. Les élèves sont incorporés à l’usine en fonction de leurs résultats. Les plus doués sont envoyés dans les écoles d’ingénieurs à Paris.


Misant sur une culture du mérite, il encourage les élèves par un système de récompenses et de compliments, donnant lieu à un spectacle lors de la fête de l’Enfance, créée en 1863.


Toutes les dépenses concernant l’éducation et l’instruction sont supportées par l’Association.
Il crée également un système de sécurité sociale et de retraite en 1860 !
Un cabinet médical entièrement gratuit est mis en place.

 

Au grand dam des commerçants locaux, un économat est organisé pour supprimer les intermédiaires et bénéficier ainsi de prix plus bas. Cela permet également de contrôler la qualité des produits proposés.

 

Le Palais Social

Enfin Godin a voulu procurer à ses employés un logement spacieux à proximité de l’usine. Rompant radicalement avec les logements ouvriers type coron, il conçoit des bâtiments communautaires tablant sur l’émulation générée par un mode de vie fédératif.

Pour cela, en 1964, il fait ériger trois grands bâtiments entièrement élaborés sur ses plans. Chaque édifice possède des logements sur quatre étages autour d’un grand hall rectangulaire couvert d’une verrière. Le rez-de-chaussée est réservé à différents magasins et boutiques.

 

Les appartements sont formés de modules comportant deux pièces. Ces modules peuvent être accouplés facilement quand la famille s’agrandit. Ils offrent un confort que même les bourgeois possèdent rarement.
On y trouve un chauffage par un poêle et éclairage au gaz. Chaque étage est alimenté en eau chaude. On y trouve douches et cabinets d’aisances et…vide-ordures. Nous sommes en 1864, je le rappelle.
Godin pense son projet dans les plus petits détails. L’espace entre les barreaux des coursives est calculé de façon à ce qu’un enfant ne puisse y passer la tête. La taille des fenêtres est dégressive vers le haut afin de répartir équitablement la lumière du jour dans les appartements etc. Conscient de l’effet de serre provoqué par la verrière, il prévoit un système de cheminées qui véhiculent dans les murs l’air frais provenant du sous-sol.


Les étages sont desservis par des escaliers en demi-colimaçon afin de permettre une ascension moins pénible si on emprunte les degrés à l’extérieur.

 

Afin de soulager les femmes, les tâches ménagères sont mutualisées.
Une crèche est mise en place. Pour l’anecdote, dans les berceaux il fait remplacer le matelas par une épaisseur de son. Ainsi, en cas de pipi, il suffit de remplacer la petite boule de son agglomérée par du son sec. Celui souillé étant donné aux bêtes. Cela donne une idée de son inventivité qui ne semble pas connaitre de limites allant du plus petit détail aux 300 brevets industriels !

 

Pour favoriser les conditions d’hygiène, un grand bâtiment à part abrite une buanderie alimentée par l’eau chaude en provenance de la fonderie. Le sol est parcouru de rigoles afin que les lavandières puissent travailler les pieds au sec.


L’étage supérieur, aux murs ajourés, est réservé au séchoir. Il est actuellement transformé en salle d’exposition.


Il met à disposition des employés une piscine équipée d’un fond amovible afin d’adapter la profondeur du bassin à la taille des enfants. !


Faisant face aux habitations, il érige un théâtre pour divertir mais aussi pour y donner des conférences sur les théories sociales de son engagement politique.


 

Le familistère est entouré d’un grand parc agrémenté d’un kiosque à musique. Il se dit que parfois les locataires, quelques bouteilles sous le bras, allaient y passer quelques jours pour échapper aux contraintes imposées par la vie en communauté. En effet, pour gérer cet environnement communautaire, Godin comptait sur l’auto discipline, mais aussi sur un règlement strict dont les amendes alimentaient les caisses des secours.

 

Bref, tout est fait pour assurer un épanouissement le plus grand possible aux employés, le tout avec un esprit de modernité assez incroyable pour l’époque. Participation aux bénéfices, auto gestion, salaires élevés, hébergements confortables, mixité à l’école, union libre, économat pour réduire les prix de vente, émancipation des femmes etc, ajoutez son engagement politique. Inutile de préciser que son projet utopiste ne lui valut pas que des amis. Il dut subir plusieurs perquisitions sous la restauration de l’Empire par Napoléon III. Prudent, il fonda un autre phalanstère en Belgique (Laeken). La réussite économique de l’entreprise à Guise lui épargna les désagréments que connut Victor Hugo.

Vous trouverez facilement sur internet les détails de son engagement social qui repose sur l’élévation du peuple par l’éducation, il remet principalement en cause l’impôt et l’héritage qui doit être, selon lui, être géré par l’Etat pour une meilleure répartition des richesses.
L’impôt est un obstacle à la libre expression de l’activité des citoyens ; il est préjudiciable au progrès, au développement de la richesse générale ; il est surtout un obstacle à l’émancipation des classes laborieuses parce qu’il épuise les ressources du travail au profit du capital.
Si plusieurs projets de phalanstères existaient à l’époque, Godin a réussi à mettre en pratique une utopie qui perdura après son existence. Un an avant sa mort, alors que l’usine emploie 1500 personnes, Godin, qui habitait lui-même le Familistère, fait son testament en faveur de l’association.

La coopérative fonctionnera jusqu’en 1968. Au fil des ans, l’esprit de Gaudin disparaît et la gestion de la coopérative revint à une caste de plus en plus réduite et gangrenée par l’appât du profit. Suite à une mauvaise gestion l’entreprise est finalement vendue à la société Le creuset qui conserve le nom de la marque. Les autres bâtiments sont mis en vente.
Le Palais social, érigé pour loger les employés, est maintenant transformé en musée qui a la particularité de posséder encore plusieurs appartements occupés par des particuliers.
Pour conclure je laisse la parole à Michel Lallemant :
« Qu’il s’agisse, en bref, des stratégies gestionnaires, de la démocratie dans l’entreprise ou du droit des femmes, Godin a su faire œuvre d’innovateur au service de l’émancipation collective. Mieux encore, même si les réalisations n’ont pas toujours répondu à ses espérances, ce chef d’entreprise fouriériste a proposé des solutions sociales originales dont nous n’avons toujours pas fini de mesurer la richesse ni de tirer toutes les implications. »

 

Je n’ai, bien entendu, fait que survoler le sujet, faisant abstraction de certains cotés négatifs aussi, pour approfondir, je vous invite à consulter plusieurs sites décrivant l’œuvre de Godin.
1/ En tout bien, tout honneur, le site du musée du Familistère. Nombreuses illustrations d’époque. hand-cursor
2/ Laboratoire Urbanisme insurrectionnel. Très complet et critique. hand-cursor
3/ Et pour finir Mutualité sociale par Godin himself.hand-cursor

** 2019 **

 

Que ce soit sous terre, dans les airs, sur les hautes montagnes ou les vertes prairies, au fil des flots calmes ou sauvages, dans les lieux insolites, aux confins de contrées éloignées ou tout simplement chez vous, Baguenaudes vous souhaite d’intenses sensations, de nombreuses découvertes palpitantes, de bons moments à partager, bref une excellente année 2019 bien remplie !

Si en certains endroits on bulle et s’encroute, ce n’est certes pas le cas sur Baguenaudes !

La creute des artistes 2eme partie

Nous allons terminer la visite de cette carrière par des sculptures dont  les noms des auteurs sont parvenus jusqu’à nous. Il est étonnant de constater le nombre de réalisations de haute tenue que l’on peut admirer dans cette carrière, métamorphosant ainsi les couloirs en galeries … d’arts.
Concours de circonstances qui regroupa plusieurs artistes au même endroit au cours de l’année 1916 ? Peut-être…
Enterré, ce refuge abritait un important poste de commandement relativement tranquille où les officiers, issus de classes sociales supérieures, retrouvaient un semblant d’environnement rappelant celui de leurs vies bourgeoises.
L’entrée de cette carrière se parcourt sous le regard énigmatique de cette monumentale tête de sphinx quelque peu inattendue en cet environnement picard.


La photo (Album Valois) de la sculpture en cours d’élaboration par Leclabart donne une idée des proportions monumentales.

 

Louis Leclabart, sculpteur et dessinateur, était affecté au 12e Régiment d’Infanterie Territoriale en raison de son âge (plus de 34 ans au moment du conflit). Les territoriaux, surnommés « pépères », bien que considérés comme trop âgés pour participer aux combats, furent malgré tout sollicités en 1914. Nommé caporal et brancardier en 1916, Leclabart fut cantonné dans cette creute relativement calme où il put exprimer son talent.(Album Valois)


Il mit à profit un volume laissé par les carriers pour décorer le fronton des logements des officiers. Ce haut-relief possède une haute valeur symbolique, le mythe de Jeanne d’Arc ayant pris une grande ampleur nationale suite à la guerre de 1870.


La représentation altière était surmontée d’une devise aujourd’hui disparue: Nous les bouterons hors de France. Au pied de l’icône nationale, on peut distinguer les restes d’une croix de Lorraine.

 

Plus léger, il décora un angle de la carrière avec cette fantaisie imitant une fontaine surmontée d’un joli mascaron reposant sur deux volutes, le tout dans un style Art nouveau.


La reconnaissance de son talent auprès des troupes se concrétise par l’illustration de la une du journal Hurle Obus


Démobilisé, il reprit son activité notamment en réalisant plusieurs monuments aux morts.
On peut se faire une idée de son talent artistique hand-cursor

 

Le brigadier Jacques Cadars était un ancien élève des Beaux Arts. Affecté au 4e Régiment de cuirassiers, on lui doit ce grand bas-relief représentant un dragon aux flancs grisés par l’humidité. Cuirasses et chevaux ont été abandonnés en 1917, la sculpture serait-elle antérieure à cette date ?



Né en 1895, son âge ne le mit pas à l’abri du front où sa vocation d’artiste fut brutalement stoppée le 27 Octobre 1918 à Thermes dans l’Argonne.

 

Il faut pénétrer dans les galeries pour découvrir cette femme aguichant le spectateur à l’aide d’un sein dévoilé. L’auteur, un certain Bucher a légendé ce sourire fripon d’un : Souvenir de la Légion 5 Cie.


Légionnaires soupçonnés également d’utiliser la piquette comme butin!

 

Voici pour moi la réalisation la plus remarquable par sa taille et l’habilité de son exécution. On la doit au sergent L. Bonnyaud, du 240e RIT. « Pépère » lui aussi, il reprendra son métier de marbrier à la fin du conflit.
La profondeur de la vue est simulée par la mise en perspective d’une série de créneaux. La vigie, campée sur un caillebotis guette au septentrion les vandales derrière le parapet.


Les détails sont d’une précision quasiment photographique allant de l’épaulette en rouleaux pour retenir la bretelle du fusil, jusqu’au système de réglage de cette dernière. Cartouchière, besace, bandes molletières et même la pipe, tous les éléments de l’équipement du fantassin sont présents. Le réalisme est si poussé que l’on peut observer un rat lorgnant sur la gamelle située au sommet du havresac !


Le titre de l’œuvre se réfère au surnom la crête surplombant le front.

 

Victime de la qualité de ses réalisations, un rond de bosse a été dérobé et sûrement à jamais perdu.

 

Nous terminerons sur une note légère avec ce bas relief signé Charnais.



Zut ! Voilà qu’il pleut.

 

Surnommé « Les parisiennes », ce panneau serait une copie d’un dessin paru dans la revue La Vie parisienne. Comme je l’ai déjà mentionné dans l’article précédent, ce genre de revues de modes, où la gent féminine était souvent dessinée en tenues plus que légères, étaient fort prisées des soldats. Il suffit de parcourir les petites annonces pour s’en assurer. J’ai parcouru plusieurs numéros sans retrouver l’original, aussi je lance un grand concours où il n’y a rien à gagner: Qui retrouvera les modèle? Gallica nous offre la possibilité de feuilleter ces magazines où les illustrations d’un style Art Nouveau se parcourent avec délectation.

La vie Parisienne hand-cursor


A contempler toutes ces toilettes, les poilus riaient dans les champs !

 

L’érosion grignote lentement les sculptures extérieures, des sortes de lichens ou algues noirâtres et gluantes recouvrent par endroit les parois.
Pour le moment, la creute semble bénéficier d’une discrétion favorable à la conservation de ces témoignages émouvants. Souhaitons que son classement comme monument historique fasse que cet état soit pérennisé.

 

La creute des artistes

 

Retournons visiter les creutes où les soldats survivants tentaient de récupérer des affres des combats et où les officiers organisaient tant bien que mal les futurs carnages élaborés par l’Etat-Major.
Nous avons la chance de pouvoir disposer de photographies des même lieux issues de la bibliothèque La contemporaine . Nous en avons extrait quelques unes afin de se replonger dans l’ambiance de l’époque.
Album Valois.hand-cursor

 

Pendant une longue période, cette carrière était suffisamment éloignée du front pour que son aménagement soit assez poussé pour bénéficier d’un confort relatif.



Image tirée de cet excellent document

 

Si la troupe était cantonnée dans les vastes galeries, l’encadrement bénéficiait d’aménagements troglodytiques plus sophistiqués où des murs délimitaient des espaces clos plus faciles à chauffer.


 

A la popote !

 

Cette carrière a été occupée pendant toute la durée du conflit. Contrairement à ce que l’on peut trouver dans d’autres creutes, on trouve très peu de patronymes mais plutôt des tentatives d’expressions artistiques dont certaines sont très réussies.


Par exemple, le coin lavabo est décoré d’un minois souriant.


Et plus curieusement deux autres profils où se devinent un casque à pointe à gauche et une casquette d’officier allemand à droite ( ?). Ces derniers ont-ils brièvement occupé la région en 18 ?

 

Au hasard des murs, dans la pénombre, on découvre d’autres profils de factures différentes.
Un style académique fleurant l’école des Beaux-Arts bien rodé


Ce portrait au calot est signé Godule.

 

Une tête de lion rugissant se découpe à l’angle d’une paroi.

Vers quels horizons s’évadent les pensées des soldats au repos ?
La femme affriolante ?


Certes ! Ces madelons sont un peu mûres.

 

La foi?


La patrie?
La semeuse, allégorie créee fin 19e, est devenue un symbole de la République Française.


L’héroïsme, récompensé par la croix de guerre?

 

Hélas, pour eux, plus de questions métaphysiques.

 

On ne comprend pas bien pourquoi ce bas relief a été saccagé ne laissant que la représentation de l’aile relativement intacte. De tels saccages pouvaient être effectués par vengeance au cours des différentes prises et reprises des lieux par les belligérants, mais ce cantonnement est resté aux mains des français tout au long du conflit.

Il se distingue intact, peut être encore inachevé, sur ce cliché de 1918.


Cette couverture d’un magasine coquin du 31/3/1917, fort prisé des poilus, a pu inspirer l’artiste. (J’avance audacieusement cette possibilité car elle est évoquée à propos d’une autre sculpture que vous verrez plus tard.)

 

Le Maréchal Joffre va vous guider vers d’autres représentations artistiques prochainement.


Maréchal à qui ont doit le jour le plus sanglant de l’histoire de France: 27000 morts le 22 Août 1914. Cela lui a valu de formidables honneurs !
A suivre…

 

Armistice

Jusqu’au bout…
Le 11 Novembre 1918 à 10h 55 , Auguste Trébuchon est tué. L’Armistice a été signé le matin à 5 heures 15, le cessez-le-feu étant prévu à 11 heures. Depuis la veille, l’Etat Major Français fait le forcing pour accentuer la pression sur les Allemands avant la signature. La Meuse doit être franchie à tout prix. Une fragile tête de pont est établie. Bien que le 11 au matin, l’annonce imminente du cessez-le feu soit connue par les soldats, les tirs de mitrailleuses et d’artillerie continueront jusqu’à ce que les clairons retentissent à 11 heures. Cinq minutes avant, Auguste Trébuchon est frappé d’une balle en pleine tête. Il est considéré jusqu’alors comme le dernier soldat français tué pendant la Grande Guerre.
Cent ans plus tard, l’esprit de clocher est toujours tenace :
Il semblerait qu’Auguste Joseph Renault soit décédé à 10 heures 58. hand-cursor

Vous connaissez maintenant mon attrait pour le monde souterrain et surtout pour les témoignages laissés sur les parois, aussi je me devais de commémorer ce centenaire avec quelques photos prises dans les creutes (carrières souterraines) qui servirent de refuges aux combattants.

 

Cent saisons ont passé et les feuilles mortes n’ont pas encore comblé les cicatrices laissées par les combats. Les lacis formés par les tranchées sont encore nettement visibles dans les sous-bois.

 

Difficile de dire si les effondrements qui percent les plafonds sont dûs aux obus ou à l’érosion mais, les nombreux entonnoirs qui avoisinent cette carrière indiquent bien qu’elle fût la cible de bombardements.


Ôtez ces obus de ma vie !

 

Ces marches taillées débouchaient vers le Nord afin d’accéder aux tranchées en restant le moins exposé possible.

 

Pour rompre l’ennui et tenter de fuir leurs conditions de vie, les soldats ont souvent laissé des témoignages gravés dans le calcaire. Si certains bas-reliefs sont de factures naïves, d’autres font preuve d’une réelle maîtrise artistique. Il est bien dommage que cette scène où on peut deviner un poilu terrassant un adversaire à la baïonnette ait été saccagée.


??ONTY RIVASSOU 1914

 

Deux tentatives de portraits? Cette silhouette porte un curieux bonnet.


Malgré l’érosion, on peut deviner une figure féminine aux yeux charbonneux.

 

Les murs peuvent également délivrer des messages.

On peut traduire par Anéantir l’Allemagne.
Ce texte fait vraisemblablement allusion à l’essai écrit en 1871 par H. Entz :DELENDA GERMANIA. dont voici l’introduction:


Vous pouvez lire l’intégrale hand-cursor

Accompagnant cette citation, un texte qui ne nécessite pas d’explication, le texte est parlant !


GUILLAUME CAPUT

 

Cette petite commémoration personnelle s’achève ici, mais je reviendrai rapidement avec d’autres témoignages moins belliqueux.


A bientôt.

Autre article sur le même sujet hand-cursor

 

Hangar à dirigeables d’Écausseville

 

Une bien curieuse structure domine les haies du bocage normand.

On devine assez rapidement que cet imposant édifice a été érigé à des fins militaires, la région en est truffée, mais la surprise vient du fait que l’édifice a été construit en…1918. Nous sommes bien éloignés des champs de batailles de la Grande Guerre symbolisés par les tranchées, cependant, nous trouvons ici un rappel que la Grande Faucheuse a exercé sa redoutable moisson également dans le domaine maritime.
A partir de 1917 l’Allemagne intensifie les attaques sous-marines contre les convois important notamment du charbon, les principales mines françaises du Nord étant sous le joug des Allemands.

 

Pour contrer cette guerre sous-marine, l’Amirauté française installe plusieurs bases de ballons dirigeables.


Dès 1916, protégé des vents d’Ouest, le site d’Ecausseville est choisi pour l’implantation d’une de ces bases. Un premier hangar en bois est construit. Long de 120 mètres, il accueille les dirigeables livrés par les Anglais ainsi que les Zodiac commandés par la marine française. La taille de ce hangar nécessite de finir l’appareillage du dirigeable à l’extérieur du bâtiment où deux paravents latéraux sont chargés de soustraire le dirigeable des caprices du vent. (Ce premier hangar, endommagé par une tempête en 1931, a été détruit en 1933.)
La marine fait preuve d’innovation en commandant l’édification d’un second ouvrage en béton armé cette fois. Pour l’époque, la construction d’un tel ouvrage entièrement en béton est audacieuse et mérite que l’on s’y attarde d’autant qu’il est l’unique survivant des douze bases conçues par l’Amirauté pendant la première guerre mondiale. L’utilisation du béton est toute récente, en effet ce hangar est seulement le troisième édifice d’importance construit à cette époque. Sa conception servira de modèle pour les Cours de béton armé de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics.
La construction est confiée à Henri Lossier, architecte suisse. Le défi est de taille, en effet, le volume nécessaire pour abriter un dirigeable est impressionnant. Le bâtiment, long de 150 mètres, possède une hauteur de 30 mètres et bien entendu, l’espace intérieur doit être complètement dégagé pour accueillir les mastodontes. Pour répartir au mieux les différentes contraintes, Lossier choisit d’ériger une voûte dont le profil est semblable à la parabole matérialisée par une chaîne suspendue à deux points d’attache horizontaux.


La taille des personnages donne une idée des proportions de l’édifice.

 

L’édifice est formé de trois modules de 9 fermes. Ces modules sont reliés par des joints de dilatation de deux cm. Du fait de leurs dimensions, les fermes, espacées de 6.25 mètres, ont été coffrées et coulées à demeure contrairement aux pannes qui furent moulées à terre.


Exemple de coffrage:

 

La voûte possède trois rotules d’articulation chargées d’absorber les éventuelles déformations dues à la pression du vent souvent taquin en Normandie.

 

La structure est recouverte par des tuiles elles aussi en béton.


 

Le pignon non amovible fermant une extrémité du hangar, par sa surface, offre une grande prise au vent. Il est complètement indépendant de la structure afin de ne pas transmettre des déformations à cette dernière. On perçoit le jour entre le pignon et le berceau de la voûte. L’assise est maintenue, par une structure extérieure de poutres en béton. Toutes ces mesures se sont révélées efficaces puisque le hangar a essuyé jusqu’à maintenant toutes les tempêtes sans faillir.

 

La porte amovible était elle aussi complètement indépendante de la structure. Elle était formée de deux vantaux coulissants sur rails. Pour assurer la stabilité du panneau, ce dernier était muni d’un contrepoids en béton de 30 tonnes posé sur un bogie. L’ensemble vantail/contrepoids, coulisse sur des rails.


Maquettes exposées au musée AEROBASE :

 

Construit à des fins militaires, ce défi architectural n’a paradoxalement jamais participé au conflit puisqu’il n’a été opérationnel qu’en 1919. Pendant l’entre-deux guerres, l’armée abandonne l’usage des dirigeables en 1936. On sait peu de choses concernant la période de l’occupation allemande si ce n’est le fait qu’une tornade du 14 Novembre 1940 a eu raison des portes coulissantes à la suite d’une mauvaise manœuvre. La fonction d’accueil de dirigeables étant devenue obsolète, le pignon a été fermé par un mur de parpaings.


Le hangar servit ensuite d’entrepôt pour l’armée américaine. Les murs témoignent encore de ces différentes occupations.

 

De 1946 à 1994, l’armée utilise le bâtiment comme lieu de stockage pour différents matériels.
De 1967 à 1969, il retrouve une fonction militaire avec la mise au point des ballons destinés aux essais des premières bombes H françaises. Pour bénéficier d’une hauteur supplémentaire, une fosse est aménagée.


Quelques guérites attestent de la sécurisation du site.

 

En 2003 le bâtiment est classé monument historique. En 2008 la communauté de communes achète le hangar et confie l’entretien et l’animation à l’Association Les Amis du Hangar à Dirigeables d’Ecausseville, charges dont elle se tire avec brio malgré l’ampleur de la tâche.
Vous pourrez vous envoyer en l’air et vous sentir léger. Un petit musée où figurent de belles maquettes complète la visite.

 

Vous pourrez compléter votre soif de savoir en consultant le site très complet de l’association, c’est là que j’ai puisé tous les renseignements. Il suffit de cliquer sur la bannière !

Epsomite

 

Epsomite, késako?
Wikipédia : Décrite par Jean-Claude Delamétherie en 1806, le nom fait référence au gisement topotype. François Sulpice Beudant vulgarise ce mot.
Mais, peut-être connaissez-vous ce minéral sous la forme de sel d’Epsom.
Ce sulfate de magnésium posséderait de nombreuses propriétés curatives et autres (anti-inflammatoire, relaxant, insecticide, nettoyant, rhumatismes etc.)
Une rapide recherche sur internet vous donnera une idée des nombreuses applications où il est censé être efficace. Nul doute qu’il devait figurer dans la composition de l’élixir du Docteur Doxey !

 

Une de ses utilisations la plus courante, si j’ose dire, concerne ses vertus laxatives. On comprend mieux l’origine du dicton entendu souvent aux abords des célèbres champs de courses : L’eau d’Epsom fait courir les hommes plus vite que les chevaux !


« Vous cherchez l’efficacité? Ils vous feront tous courir rapidement ! » Un palliatif à l’EPO ?

 

Bien, arrêtons de tourner autour du pot !
Si je vous parle de l’epsomite, c’est que l’on peut l’observer de manière spectaculaire dans les milieux souterrains. La cristallisation en longues fibres d’un blanc éclatant de ces girandoles minérales offrent aux parois un décor féerique incroyable.

 

Voici quelques exemples de formations croisées ça et là. Chaque fois, l’effet de surprise et d’émerveillement est total à la vue de ces longs filaments aux reflets métalliques qui contrastent avec les parois fuligineuses. Je vous laisse juge.


Puisqu’il s’agit de photos, il est difficile d’éviter le cliché qui évoque des longues chevelures argentées tant la comparaison est justifiée.


Décidément, le monde souterrain recèle bien des surprises qui récompensent des quelques efforts nécessaires à sa découverte.
J’espère que sur cet article, les effets de l’epsomite seront restés inefficaces.

Ghostbuster

 

C’est en lisant la presse locale que j’ai eu vent de ce lieu où plane une aura mystérieuse. En effet, les ruines de ce château sont qualifiées du château le plus hanté de Normandie voire de France ! Rien que ça !
Les amateurs, bardés d’appareils censés enregistrer la présence d’ectoplasmes, ne manquent pas de visiter les lieux à la recherche d’éléments tangibles. Les comptes-rendus que l’on peut visualiser sur la toile sont…
Je vous laisse chercher un peu, vous trouverez facilement en quelques clics les quand, comment et surtout les où, hou hou qui font la renommée de ce château. Ce dernier a été construit en 1830 et les manifestations inexpliquées se sont produites à partir de 1875. L’affaire a pris de l’ampleur au point que Camille Flammarion en parle dans son ouvrage : Les maisons hantées.
Je vous suggère de consulter une description précise des différentes manifestations observées en 1893. Ces faits sont relatés par le docteur en droit M.G. Morice. Ca vaut son pesant de cacahuètes.


 

 

Ce château, habité jusque en 1984, a été détruit par un incendie. Cela n’a pas fait fuir les ectoplasmes le soir venu, aux dires de ce qui se murmure dans les haies du bocage.


Vous avez lu les phénomènes ? Ca ne rigole pas ! C’est donc en serrant les fesses que je suis allé faire quelques photos.

 

Bon, d’accord, je n’y suis pas allé à la nuit tombée et je dois dire que les lieux ne sont pas bien effrayants. Je n’ai pas été accueilli par des hou hou mais par les croâ croâ de la nombreuse colonie de choucas qui… hantent les ruines.

 

Première constatation, par grands vents les volets doivent claquer des dents.


Deuxième constatation, la porte d’entrée ne semble pas un obstacle infranchissable malgré le nœud coulant qui oscille devant.

 

Troisième constatation, la visite des lieux sera rapide. En effet, il ne reste que les murs. Des trois paliers il ne reste rien, la porte d’entrée donne dans le vide. Pas d’alcôves secrètes ni de couloirs tortueux. Plus de portes dérobées à faire claquer, de marches à faire grincer et encore moins de vaisselles à projeter sur les murs. Les ectoplasmes doivent s’ennuyer ferme. Je pense qu’ils doivent se défouler sur les imprudents visiteurs du soir.

 

Pour pénétrer dans les lieux, il faut contourner la bâtisse.

 

Quelques montants en bois témoignent que plusieurs pièces ont été épargnées par les flammes. C’est assez paradoxal quand on constate l’état de délabrement des lieux.


L’alcôve où se situait un poêle.

 

Nos pauvres fantômes doivent passer beaucoup de temps à ravauder leurs draps tant les ronces et broussailles protègent les lieux de manière agressive. Bon, c’est vrai qu’ils ont l’éternité devant eux!

 

A visiter ainsi l’ambiance n’est vraiment pas angoissante, pas de mouvements suspects ni de gémissements mais la nuit, cela doit être autre chose !
Les faits ont débuté il y a 150 ans et la municipalité organise des soirées sons et lumières qui doivent engendrer quelques frissons.


Alors, fantômes, ou pas fantôme ? Il ne vous reste plus qu’à aller vérifier… un jour de pleine lune de préférence.
Sachez que le physicien Anglais Brian Cox, grâce aux expériences menées avec Le Grand Collisionneur de Hadrons du CERN est catégorique: pas de fantôme. Il s’appuie sur la deuxième loi de la thermodynamique.
Bon, c’est rassurant de savoir que les scientifiques s’occupent de choses sérieuses !
La preuve: hand-cursor