Fours à chaux normands (2)

 

Début de l’article consacré aux four à chaux hand-cursor

 

Nous suivons les traces des chaufourniers sur l’autre rive de la Vire où se trouvent deux autres sites conçus avec le même principe. Une mise en valeur est en cours de réalisation.
Commençons par les fours du Bahais adossés au coteau.

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Là aussi, seules les chauves souris ont accès aux structures internes. Par contre, on peut accéder à la partie supérieure de l’édifice avec vue sur les gueulards.

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Au nadir des orifices, (E pericoloso sporgersi) on devine également un cône, mais ici, pas moyen de pénétrer au pied du four pour observer la disposition des lieux.

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La visite continue en empruntant un chemin parallèle à la Vire. Il nous conduit aux imposantes murailles des fours du Hamel Bazire.

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Les embrasures spectaculaires débouchent dorénavant sur une esplanade dont l’ambiance champêtre est sûrement bien éloignée de l’agitation besogneuse qui devait régner au cours de l’exploitation. Plus aucune trace des concasseurs broyeurs etc, seul un tronçon de rails Decauville subsiste dans les broussailles.

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La base des édifices est desservie par des corridors de toute beauté. Il est à souhaiter que la rénovation des lieux laisse la possibilité de les parcourir.

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A la base de ce four, on compte huit ouvreaux de petite taille au ras du sol. Là aussi, je m’interroge quant à l’ergonomie du système. La taille des ouvertures doit avoir une influence concernant le contrôle de la calcination.

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On remarque que la base des piliers comportant les ouvreaux est en pierre contrairement à la partie supérieure en briques.

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Faisons un grand saut vers l’Ouest afin de continuer nos visites par les augustes fours à chaux du Rey proches du petit port de Regnèville. Leurs tailles donnent bien une idée de l’importance de l’usage de la chaux à l’époque.
Édifies en 1852 par Victor Bunel, les quatre fours fournissaient plus de 20000 tonnes de chaux annuellement. La proximité du port offrait de grandes facilités d’exportation, mais aussi d’importation. En effet, la calcination en continu était grande consommatrice de charbon, ce dernier arrivait en provenance du Pays de Galles.
Le site est impressionnant avec ses allures de château fort.

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Si le principe de cuisson est semblable aux fours précédents, on note des différences notables. Les embrasures sont spacieuses, pas assez cependant pour permettre le passage d’un tombereau attelé.

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La position surélevée des ouvreaux permet une extraction plus aisée. En dessous, se trouve le cendrier qui collecte la chaux poudreuse mêlée de cendre de charbon (menue chaux).

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L’autre grande différence provient de la présence de foyers secondaires placés à mi-hauteur. Ils permettent de relancer éventuellement la combustion et de contrôler le tirage.(Procédé Simonneau.)

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On accède à ces foyers intermédiaires par les coursives qui parcourent les murailles.

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On imagine sans mal le terrain de jeux pour gamins que présentait ce site en friche avant que le Conseil Général en fasse l’acquisition en 1987.

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Maintenant, il est propre comme un sou neuf et son entrée payante donne également accès à un musée maritime.

 

Faisons un autre petit saut géographique et temporel. Proche de Caen au milieu d’une friche, on peut encore trouver les ruines de fours à chaux plus récents. Le démantèlement du site ainsi que les Michel-Ange locaux font que les lieux sont en piteux état.
Si on ne peut trouver d’intérêt plastique à ces vestiges, on peut tenter d’y découvrir des éléments susceptibles d’éclairer notre lanterne sur le fonctionnement des fours à chaux. Hélas, bien que l’arrêt de l’exploitation doit remonter aux années 1950, je n’ai pratiquement pas trouvé de documents concernant cette exploitation malgré son importance.

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Ces fours fonctionnaient en parallèle à l’exploitation d’une importante carrière souterraine de pierres à bâtir. On peut supposer que les déchets de taille servait de matière première à la fabrique de la chaux.

A proximité des fours, un puits d’extraction profond d’une quinzaine de mètres débouche au fond dans la carrière souterraine.

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Voici tout ce qui reste du système qui véhiculait la pierre à cuire de la carrière aux gueulards situés au-dessus de notre tête.

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En se frayant un chemin dans les gravas, on peut pénétrer au pied de deux grands fours. La vue en contre-plongée de ces « puits » offre un spectacle toujours spectaculaire.

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La partie dégradée de la paroi du four permet de constater que les briques réfractaires qui tapissent les parois du four reposent à la base sur une cornière métallique circulaire.

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Au-dessus des ouvreaux de taille respectable, des équerres métalliques sont fixées laissant supposer un usage en rapport avec la sole.

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Face à ces deux fours, l’autre partie des bâtiments enferme deux autres fours de taille plus modeste.

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Les gueulards obturés font que les parois, recouvertes d’une épaisse pellicule, ont conservé une belle couleur éburnéenne.
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Pourquoi deux tailles différentes de four sur ce site ? Aucune idée et une fois de plus, nous quitterons les lieux quelque peu frustrés de ne pas en connaître les tenants et aboutissants.

En Normandie, les vestiges de fours à chaux sont relativement nombreux. La proximité de la Bretagne, dont le sol acide nécessitait d’être amendé, ainsi que le centre sidérurgique de Caen plus récemment, ont offert des débouchés pour cette industrie.

Si le principe de cuisson est à peu près partout le même, chaque four possède ses caractéristiques qu’il est bien difficile d’expliquer après coup. Peut être qu’un spécialiste comblera nos lacunes.

 

J’aurai bien aimé conclure sur une note joyeuse, mais coïncidence malheureuse, je viens d’être témoin en direct dans l’Aveyron de la mise à mort d’un four sacrifié sur l’autel de l’amélioration du réseau routier.

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Le four a chu
Il appert que beaucoup me chaut !

 

2 réflexions au sujet de « Fours à chaux normands (2) »

  1. de réponses nenni ! dommage , pas de chaufournier dans l’équipe de l’ASEPA; mais la beauté des images (qui doit beaucoup à l’oeil expert du photographe) nous suffit à apprécier vos super découvertes au fin fond de la France profonde, que nous savons partager avec les curieux qui fréquentent notre blog ! Ainsi rejaillit un peu sur nous le mérite de ces trouvailles… nous autres sédentaires qui avons les pieds dans la glaise de notre petite région !
    Mais nous sommes persuadés qu’un jour quelqu’un d’avisé saura répondre aux questions qui vous assaillent (?)
    amicalement
    c’est toujours un plaisir de vous lire !!!
    anouk de l’ASEPA

    • Merci beaucoup Anouk. L’Yonne possède également beaucoup de trésors que vous savez bien mettre en valeur. Je ne doute pas que nos pas se rencontreront un jour du coté de Sens

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