Techniques d’exploitation en mine

Tranches montantes remblayées

 

 

(Lecteurs assidus vous connaissez maintenant leurs significations mais au cas où, les mots en rouge peuvent être consultés dans le glossaire mine.)

Si un mineur avait dit « on va s’en payer une tranche », ça n’aurait pas été pour rigoler!*

*Note

Je vous ai parlé de la méthode d’exploitation souterraine par chambre et piliers rencontrée dans certaines mines. Cette méthode s’applique quand le minerai se présente sous forme de strates pratiquement horizontales.

Quand les gisements sont très pentus, ce type d’exploitation ne serait pas rentable car il faudrait procéder à une succession verticale de galeries horizontales. Pour limiter les stériles, on va donc procéder en suivant le filon et son pendage. Une des méthodes utilisées est l’exploitation par tranches montantes remblayées.

Voici ce que j’ai compris concernant cette méthode en visitant quand c’était encore possible plusieurs mines avec des compagnons éclairés. ( Il vaut mieux, dans le noir.) :

Une galerie est tracée pour atteindre le minerai.(Travers banc). 

 

On attaque la base du filon en laissant les déblais entassés et égalisés sur place. Ils servent alors d’ « estrade » afin de pouvoir abattre le minerai plus haut. L’opération est renouvelée par tranches successives jusqu’à épuisement du filon.

Les remblais sont maintenus en place par des boisages:

 

chambres 0616

 

Dans certains cas il est disposé un plancher au dessus du vide pour entasser le remblai dessus:

 

chambres2

 

Dans ces épaisseurs de remblais, on aménage un vide plus ou moins vertical tubé ou boisé, afin de descendre par gravité le minerai jusqu’à la galerie de roulage. Ce sont les fameuses trémies:

 

chambres3

chambres-0009.jpg

 

Parallèlement à ces trémies des vides verticaux sont aménagés afin que le personnel puisse accéder au front de taille:

 

chambres-0570.jpg

 

Les déblais par le comblement du vide assurent également le soutènement du parement de la chambre d’exploitation.Quand le volume des déblais est suffisant, on dit que l’exploitation est auto remblayée.Parfois un apport de l’extérieur est nécessaire. Les déchets provenant des laveries peuvent être employés à cet usage.On comprend l’importance du métier de boiseur ! La sécurité de l’exploitation reposait grandement sur leur savoir.

Dans les exploitations modernes semi-automatisées, je suppose que le béton a remplacé le bois.

 

Résumé animé :

 

remblayées

 

Les chambres magasins

 

Dans certains cas, quand la puissance (épaisseur) de la veine est suffisante, on ne s’attaque qu’au filon. Il est abattu et laissé sur place afin de servir d’étage intermédiaire. Au fur et à mesure de l’élévation du chantier, une trémie est aménagée dans laquelle on évacue le surplus de minerai qui provient du foisonnement. (Augmentation du volume due à l’abattage).Arrivé au sommet de la veine, on évacue la totalité du minerai par la trémie en vidant complètement la chambre. Cette méthode laisse un vide qui est renforcé par boisages ou par butons si l’espace est plus volumineux, car les épontes ont la fâcheuse tendance à se décoller du mur et du toit:chambres1

 

Résumé animé:

 

magasin

 

La méthode par tranches montantes remblayées à l’avantage d’extraite la totalité du minerai contrairement à celle des piliers tournés.

 

Quand on parcoure les vestiges laissés par ce genre d’exploitation, il est parfois difficile de comprendre l’agencement des lieux, surtout quand on est néophyte. Cela n’enlève rien à la beauté de ces cavités anthropiques, bien au contraire la calcification et les éboulements modifient constamment la structure des vides créant une atmosphère unique dont voici quelques exemples:

 

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Certes, le calme qui règne en ces lieux est bien loin de l’ambiance bruyante et poussiéreuse qui devait régner au cours de l’exploitation, et les mineurs ne devaient pas être très sensibles au côté esthétique qui découlerait de leur activité on ne peut plus rude et risquée. Les mineurs étaient particulièrement exposés à des maladies professionnelles irréversibles mais il fallait bien faire bouillir la marmite ! (silicose carné comme on dit au Mexique).Raison de plus pour avoir un grand respect envers les vestiges rencontrés quand on a eu la chance de parcourir ces galeries qui, hélas, sont maintenant inaccessibles.

 

Dans le module diaporama, sous la bannière,  vous trouverez une belle démonstration sur un cas concret réalisée par François Marchand, qui a la patience de m’initier au monde en voie de disparition des cavités anthropiques.

A bientôt sur nos écrans !

 

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