Curiosités minières Tome 3

Qui dit mine souterraine dit forcément galeries. Suivant l’époque, le minerai exploité et leurs usages, elles présentent une configuration différente et bien que les années et les éboulements s’amoncellent, on peut rencontrer quelques vestiges laissés par les mineurs. Voici quelques exemples rencontrés par-ci, par-là ainsi que des  particularités glanées aux détours de dédales souterrains abandonnés et maintenant inaccessibles.

 

Entamons la visite par une inscription à la craie, datée de 1950, qui indique des boisages à changer.

 

La durée de vie d’un boisage excède rarement la vingtaine d’année ce qui est amplement suffisant pour l’exploitation. Ceux-ci, 60 ans plus tard, sont encore en place mais ce n’est plus le cas  quelques mètres plus loin.

 

A partir des années 1950 le bois a été remplacé par le boulonnage ce qui a permis de creuser des vides beaucoup plus importants. La sécurité s’est accrue et l’accès de gros engins d’exploitation a été rendu possible.Nous voyons bien que le toit boulonné se tient bien ici malgré sa hauteur et la proximité d’une zone foudroyée.(Voir plus loin).

 

Le boulonnage consiste à lier les différentes strates du rocher encaissant de façon à former une « poutre résistante ». On utilise pour cela des tiges métalliques dont une extrémité est ancrée dans la roche par une cheville à expansion ou plus récemment par un collage à la résine. A l’autre extrémité est fixée une « rondelle » plaquée au rocher par un boulon.

 

Voici un exemplaire avec sa tête à expansion et la plaquette et son écrou de serrage.

     

 

Si les galeries de roulage doivent faire l’objet d’un soin particulier concernant la pérennité, il n’en est pas de même pour les chambres où est abattu le minerai. Une fois celui-ci enlevé, le vide résiduel n’est d’aucune utilité, au contraire il devient dangereux.Pour limiter la portée du porte-à-faux, des piliers sont ménagés afin de soutenir le ciel. Cette méthode a l’inconvénient de laisser une partie du minerai en place.

A partir de 1930, la méthode du foudroyage a été expérimentée. Elle consiste à prévenir l’éboulement en provoquant celui-ci de manière contrôlée. En gros on extrait le minerai en traçant des galeries d’abattage qui se croisent de manière perpendiculaire. Les piliers ménagés sont ensuite refendus pour extraire au maximum le minerai.

Les dernières « quilles » sont abattues à l’explosif. Sous la pression, le ciel s’effondre et, grâce au foisonnement, rempli une grande partie vide créé par l’exploitation. L’amas rocheux  sert ainsi de soutènement aux strates sus-jacentes et le terrain conserve une certaine élasticité qui limite les répercutions en surface.

 

Sur cette photo, on voit très bien l’éboulement provoqué volontairement.

 

Si le foisonnement compense une grande partie du vide laissé par l’exploitation, il peut y avoir des répercutions sur les strates au dessus. On voit ici qu’une bonne couche de marne a tapé l’incruste après le feu d’artifice.

 

Il ne faut pas confondre avec un fontis qui est un effondrement de formation naturelle. Sur le terrain, la distinction n’est pas toujours évidente et de toute façon, ce sont des zones qu’il vaut mieux contourner!

Les foudroyages n’étaient pas pour des raisons évidentes effectués sous les terrains à risque (habitations, voies de communications nappes phréatiques etc.). Les zones non foudroyées se nomment stot de protection.

 

Le maniement des explosifs demandait évidement un savoir faire et des précautions.

 

Les tirs étaient précédés d’une sirène mais, quelquefois, on se débrouillait avec les moyens du bord.

 

Le temps passe et les galeries sont maintenant désertes mais pas toujours silencieuses. Les filets d’eau  font entendre par endroit un bruit de cataracte amplifié par la réverbération et contribuent à l’ambiance particulière de ce monde souterrain, Les bruits de succion des  bottes s’extirpant de la boue participent allègrement à cet univers sonore. Cette poésie est parfois mise à mal  par un juron quand un pas maladroit fait entrer sournoisement l’eau dans les bottes.

 

Pendant l’exploitation, les galeries étaient drainées par un système de caniveaux et de pompes (exhaure). Il n’empêche que certains secteurs restaient  humides.Dans les galeries poisseuses, ces chaussures ont dû arpenter bien des kilomètres. Malgré l’âge et l’environnement humide, elles ont encore fière allure avec leurs semelles cloutées. Espérons qu’elles n’aient point botté les fesses d’un galibot maladroit !

 

Il est temps de refermer ce tome 3. Suivons les empreintes émouvantes des mineurs qui, une petite centaine d’années plus tard, nous guident vers le jour.

 

Je remercie Michel pour son petit film qui nous fait entendre le son de l’alarme

Ainsi que le site Mémoires d’Algrange pour les affiches. Ce site contient beaucoup de documents très intéressants.

A bientôt pour d’autres curiosités et au boulot…!

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